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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 07:04

Communiqué de presse du GIT sur le cas de Cihan Kırmızıgül

 

            Cihan Kırmızıgül, étudiant en ingénierie à l'Université Galatasaray d'Istanbul, est en détention depuis 22 mois dans la prison de haute sécurité à Tekirdağ. Deux heures après un attentat au cocktail Molotov qui visait un supermarché, il a été arrêté à Kağıthane (Istanbul), alors qu'il attendait un bus à proximité des lieux, et sans qu'il n'y ait la moindre preuve relative à son implication dans cet attentat. Le seul élément d'accusation mis en avant par la police fut le keffieh qu'il portait, interprété comme un symbole du mouvement kurde. Un témoignage anonyme fut produit, puis plusieurs fois retiré. Etant donnée la faiblesse des accusations, le procureur de garde avait alors demandé l'acquittement de l'accusé. Mais ce procureur fut remplacé. Lors de l'audience du procès en date du 16 novembre 2011, le tribunal a prolongé la détention de Cihan Kırmızıgül, et le nouveau procureur a réclamé une peine de 15 à 45 ans pour « appartenance à une organisation terroriste », dans le cadre de la loi anti-terreur en vigueur. Pendant ces deux années où il a été en détention, Cihan Kırmızıgül a été privé non seulement de sa liberté individuelle, mais a été également empêché de recevoir l'enseignement qu'il suivait à l'université Galatasaray.

 

            Plusieurs dizaines d'enseignants de cette célèbre université franco-turque ont manifesté leur soutien à Cihan Kırmızıgül. Son cas illustre, par le caractère exorbitant des peines requises et l'application arbitraire d'une législation anti-terroriste, la tournure idéologique et répressive qu'a prise la justice en Turquie. Le GIT « liberté de recherche et d'enseignement en Turquie » veut attirer l'attention de l'opinion publique internationale sur la nouvelle audience du procès de Cihan Kırmızıgül, le 9 décembre prochain à Istanbul. Le GIT s'associe à « l'initiative pour la solidarité avec les étudiants détenus » (TODI) pour demander la libération immédiate de Cihan Kırmızıgül et l'abandon de toutes les charges, à moins que la justice ne puisse établir, sur des preuves concrètes et par un procès équitable, les faits dont cet étudiant de 22 ans est accusé. 

 

            Pour plus d'informations sur les circonstances de l'arrestation de Cihan Kırmızıgül, voir l'article en anglais du site d'information indépendant Bianet :

 

http://bianet.org/english/freedom-of-expression/132528-behind-bars-for-wearing-a-keffiyeh

 

www.gitinitiative.com

git.initiative@gmail.com

 

 

 

            International Work Group "Academic Liberty and Freedom of Research in Turkey"/GIT’s Press Release Regarding Cihan Kırmızıgül

 

            Cihan Kırmızıgül, an engineering student at Galatasaray University in Istanbul, has been imprisoned in a high security detention center in Tekirdag for the past 22 months. Two hours after a molotov cocktail attack on a supermarket, he was forcibly arrested while waiting for a bus in Kagithane (Istanbul), near the crime scene, without any evidence that he was part of the attacks. The only basis of his arrest was the “keffiyeh” he was wearing that day, which is a piece of clothing Turkish police is now associating with the Kurdish movement. Since then, the anonymous witness, who initially identified him by his "attire," has retracted his/her statement. The first prosecutor who pointed out the insufficiency of evidence and asked for Kırmızıgül's release has been relieved of his duty. In the last hearing on November 16th, 2011, the court extended Kırmızıgül’s detention period; and the new prosecutor requested his imprisonment for 15 to 45 years for "belonging to a terrorist organization" under the Anti-Terrorism Law. During these past two years he has spent under detention, Cihan Kırmızıgül has not only been deprived of his individual liberties, but also of his right to continue his college education.

 

            Dozens of professors at Galatasaray University have publicly announced their support for Cihan Kırmızıgül. This case exemplifies the request for heavy sentences, the arbitrary practices enabled by the anti-terrorism legislation, and the increasingly ideological and repressive course of the Turkish justice system. International Work Group "Academic Liberty and Freedom of Research in Turkey" (GIT) would like to draw global public attention to the next hearing of Cihan Kırmızıgül’s case that will take place on December 9th, 2011 in Istanbul. GIT joins the group "The Initiative for Solidarity with Students Under Detention" (TÖDİ) in demanding that the accusations brought against this 22 year old student are clearly laid out with tangible evidence and in a fair trial. Otherwise, we demand Kırmızıgül's immediate release and that all charges against him be dropped. GIT, along with the group  TÖDİ, will continue to follow the case closely.

 

For more information on the circumstances of Cihan Kırmızıgül's arrest, please see the following article on Bianet Independent News Network:

http://bianet.org/english/freedom-of-expression/132528-behind-bars-for-wearing-a-keffiyeh

 

GIT website and email address:

www.gitinitiative.com

git.initiative@gmail.com

 

 

 

“Türkiye’de Araştırma ve Eğitim Özgürlüğü” Uluslararası Çalışma Grubu

Cihan Kırmızıgül ile ilgili basın bildirgesi:

 

            Galatasaray Üniversitesi Endüstri Mühendisliği Bölümü öğrencisi Cihan Kırmızıgül, 22 aydır Tekirdağ F Tipi Cezaevi’nde tutuklu bulunmaktadır. Bir süpermarkete yönelik gerçekleştirilen Molotof kokteylli bir saldırıdan iki saat sonra, olay yerine yakın Kağıthane’de otobüs beklerken, saldırıya katılmış olduğuna dair hiçbir somut delil bulunmaksızın, zor kullanılarak gözaltına alınmıştır. O gün boynunda taşıdığı ve polis tarafından Kürt hareketiyle özdeşleştirilen “poşu”, gözaltına alınması için öne sürülen tek suç unsurudur. Bir gizli tanık tarafından “giysilerinden” teşhis edilmiş, fakat bu tanık, daha sonra ifadesini geri çekmiştir. Suç delillerinin zayıflığına işaret eden savcı, Kırmızıgül’ün beraatini istedikten sonra görevden alınmıştır. Mahkemenin 16 Kasım 2011 tarihinde gerçekleştirilen son duruşmasında tutukluluk halinin uzatılmasına karar verilirken; yeni savcı, Terörle Mücadele Kanunu kapsamında “terör örgütü üyesi olmak” suçundan, Kırmızıgül’ün 15 ila 45 yıl hapis cezasına çarptırılmasını istemiştir. Tutuklu kaldığı bu iki yıl boyunca Cihan Kırmızıgül yalnızca bireysel özgürlüklerinden değil, aynı zamanda üniversitede aldığı eğitimi sürdürme hakkından da mahrum bırakılmıştır.

 

            Galatasaray Üniversitesi’nde görevli onlarca öğretim üyesi, Cihan Kırmızıgül’e verdikleri desteği kamuoyuna duyurmuştur. Bu vaka, talep edilen cezaların ağırlığı ve terörle mücadele kanununun yol açtığı keyfi uygulamalarla, Türkiye’de adaletin içine düştüğü ideolojik ve baskıcı gidişatı gözler önüne sermektedir. “Türkiye’de Araştırma ve Eğitim Özgürlüğü” Uluslararası Çalışma Grubu (GIT), uluslararası kamuoyunun dikkatini Cihan Kırmızıgül davasının 9 Aralık 2011’de İstanbul’da yapılacak duruşmasına çekmektedir. Çalışma Grubu, 22 yaşındaki bu öğrenciye isnat edilen suçların mahkeme tarafından adil bir yargılama ve somut delillerle ortaya konmasını, aksi halde Kırmızıgül’ün derhal serbest bırakılmasını ve hakkındaki tüm iddiaların düşmesini talep etmekte ve bu doğrultuda, “Tutuklu Öğrencilerle Dayanışma İnisiyatifi” (TÖDİ) ile birlikte davanın takipçisi olmaktadır.

 

www.gitinitiative.com

git.initiative@gmail.com

 

 

 

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 16:36

Lettre n°1 du GITinitiative, 26 novembre 2011

 

(traduction en turc ci-dessous et en anglais à venir très rapidement)

 

 

La déclaration inaugurale de l’initiative GIT [Groupe international de travail « Liberté de recherche et d’enseignement en Turquie »] du 21 novembre 2011 (voir plus bas) continue de beaucoup circuler et nous recevons de nombreux messages de collègues du monde entier. Nous constatons une forte attente en matière d’information mais aussi d’engagement des uns et des autres à titre individuel, preuve qu’il était urgent d’agir.

 

Des questions nous sont posées sur cette initiative qui associe des pratiques de pétitions intellectuelles à des pratiques collectives de travail scientifique et qui articule des échelles nationales ou régionales à une dimension internationale et mondiale.

 

 

Voici quelques précisions utiles :

 

 

Signer la déclaration inaugurale

La déclaration inaugurale de l’initiative GIT peut être signée par tous ceux, dans le monde, qui, universitaires, chercheurs, traducteurs, éditeurs, souhaitent y attacher leur nom. Nous rendrons public un nouvel ensemble de signatures de tous les pays. Nous attirons l’attention de jeunes doctorants ou jeunes chercheurs menant des recherches en Turquie sur les risques qu’ils peuvent prendre en s’exposant publiquement : l’accès a leur terrain peut être gravement compromis. Ils peuvent cependant participer aux activités d’une antenne du GIT et en être membres (cette appartenance restera confidentielle, seulement connue des autres membres). Mais ils peuvent aussi choisir de signer la déclaration. Ce choix leur appartient pleinement.

 

 

Créer une antenne du GIT dans un pays

La déclaration inaugurale de l’initiative GIT a aussi pour but comme vous le savez d’appeler à la création d’antennes (ou de branches) dans tous les pays où des chercheurs, universitaires, éditeurs, traducteurs seraient engagés pour le faire. Déjà, des collègues ont fait savoir qu’ils étaient prêts à s’en charger dans tel ou tel pays. Nous allons nous efforcer de mettre ces personnes en contact les unes avec les autres. Une fois une nouvelle antenne créée, elle s’organise selon son propre rythme, ses choix d’organisation, ses moyens (site Internet, liste de diffusion,..), mais en se donnant de préférence des thématiques de travail  communes aux autres antennes ou branches (voir plus bas).

 

 

Constituer l’internationale des chercheurs

Il serait profitable que ces équipes présentes et à venir de collègues installées dans différents pays réfléchissent à des questions communes, dont celles, centrales au problème posé par l’arrestation de nos collègues de Turquie : « Etre chercheur en Turquie … et ailleurs. Etudes sur les conditions de la recherche », et « La recherche assignée au tribunal. Sur la justice et ses principes ». Le site international (www.gitinitiative.com) permettra d’accéder à toutes les antennes (ou branches) et d’avoir une vue d’ensemble des activités (et du pouvoir) du GIT. Une liste de diffusion unique sera en plus créée pour tous ceux qui travaillent dans le cadre de l’initiative GIT ou qui souhaitent être informés.  

 

 

Agir dans l’antenne de France

La première antenne du GIT a été donc installée en France (son adresse est : info.gitfrance@gmail.com) . Elle accueille particulièrement tous les chercheurs, universitaires, doctorants, … qui veulent travailler dans ce cadre d’un laboratoire de recherche sur la recherche en milieu hostile et la fabrique des instruments de coercition. Nous envisageons d’ouvrir un séminaire, pour le moment à Paris (mais sans exclusive parisienne). Le calendrier des séances sera donne le plus rapidement possible. Le site de l’antenne française (www.gitfrance.fr) constituera lui aussi un outil de travail et d’information publique et scientifique. Précisons qu’il est possible à des collègues ne travaillant pas en France d’adhérer à l’antenne française, de contribuer par des études, et de recevoir l’information. On peut aussi appartenir à deux antennes ou même plus si on le souhaite.

 

 

En Turquie …. et ailleurs

L’action qui est menée aujourd’hui l’est pour la défense de la liberté de recherche et d’enseignement en Turquie. Nous savons que les libertés intellectuelles sont menacées dans bien d’autres pays, selon des processus comparables ou différents. Il appartiendra à d’autres chercheurs de se mobiliser éventuellement pour des collègues persécutes en Iran, en Syrie, en Russie, en Chine, … GIT initiative a cette vocation d’élargir les terrains de son enquête et de son action. Par la mise en réseau des savoirs, GIT initiative mettra sous surveillance les pouvoirs qui privent de liberté nos collègues et gouvernent par la peur.

 

 

Hamit Bozarslan, Cengiz Cağla, Yves Deloye, Vincent Duclert, Diana Gonzalez, Ferhat Taylan

 

hamit.bozarslan@ehess.fr, ccagla2002@yahoo.com,  yvesdeloye@hotmail.com, duclert@ehess.fr, diana.gonzalez2@wanadoo.fr, ferhattaylan@gmail.com

 

 

www.gitinitiative.com

 

www.gitfrance.fr

info.gitfrance@gmail.com

 

GIT’in 21 Kasim 2011 tarihli kurulus metni dolasmaya devam ediyor ve dunyanin dort bir yanindaki meslektaslarimizdan mesajlar aliyoruz. Bilgi icin oldugu kadar, birlikte bir seyler yapmak yonunde de ciddi bir talep oldugunu goruyoruz. Baslattigimiz girisim, yalnizca bir imza kampanyasi olarak degil, bilimsel ve kollektif, uluslararasi bir calisma olarak varolmayi hedefliyor.

 

Bir kac pratik nokta :

 

Kurulus metnini imzalamak : GIT’in kurulus metni, bu girisime dahil olmak isteyen tum akademisyenler, arastirmacilar, cevirmenler, editorler tarafindan imzalanabilir. Tum ulkelerden imzacilarin dahil oldugu versiyonlar duzenli olarak guncellenecek. Imzacilar bu adrese "gitinitiative@gmail.com" yazabilirler.

 

GIT’in bir ayagini olusturmak : GIT’in kurulus metni, arastirmacilarin, akademisyenlerin, cevirmen ve yayincilarin, bunu yapmak istedikleri her ulkede bir araya gelerek bir calisma grubu olusturmalarina cagri yapiyordu. Bu cabaya dahil olmak isteyen meslektaslari birbirleriyle irtibata gecirmeye calisiyoruz. GIT’in her ayagi, olustuktan sonra istedigi ritm, orgutlenme bicimi ve araclarini bulacaktir (web sitesi, e-mail gruplari, vb). Calisma konularinin diger ulkelerdeki gruplarla ortaklastirilmasinin ve ortak bir bilgi uretilebilmesinin faydali olacagina inaniyoruz.  Fransa’daki calisma grubu, Turkiye’deki meslektaslarimizin tutuklanmasi sorununa temel olusturdugunu dusundugu « Turkiye’de ve ortadogu’da arastirmaci olmak : arastirma kosullarinin incelenmesi » ve « Mahkemeye hapsolmus arastirma : adalet ve ilkeleri uzerine » basliklari altinda calismayi secti.

 

 

www.gitinitiative.com

 

sitesinin, tum ulkelerdeki calisma gruplarina ulasmayi saglamasini ve GIT’in etkinliklerinin tamami hakkinda bilgi vermesini hedefliyoruz. Ayrica, Turkiye'de olup bitenlerle ilgili (tutuklu ogrenciler, akademisyenler, gazeteciler...) bilgi paylasimi saglayabilecek bir portal gorevi gormesini arzuluyoruz. Bu internet sitesinin nasil isleyecegini, GIT'le ilgili butun diger konular gibi, birlikte dusunebiliriz.

 

 

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 23:12

GITFRANCE

GITINITIATIVE  

créés le 21 novembre 2011

 

Paris, le 24 novembre 2011

 

Chère collègue, cher collègue,

 
Nous vous remercions de faire connaitre cette initiative auprès de vos collègues et amis qui pourront s'ils le souhaitent, soit participer aux activités de la branche créée en France, soit susciter la création d'autres branches dans d'autres pays. Cette initiative internationale sans hiérarchie nationale veut exprimer une communauté de principes, d'expériences et de solidarités partagés, en ces heures sombres pour la Turquie démocratique.

 
Bien amicalement.

 

Hamit Bozarslan, Cengiz Cagla, Yves Deloye, Vincent Duclert, Diana Gonzalez, Ferhat Taylan

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DECLARATION INAUGURALE DU 21 NOVEMBRE 2011

 

Groupe international de travail

« Liberté de recherche et d’enseignement en Turquie »

créé à Paris le 21 novembre 2011

 

Une situation critique pour la liberté de recherche et d’enseignement

Les mesures de répression gouvernementale et les attaques portées contre la recherche et à l’enseignement universitaire en Turquie se sont intensifiées depuis 2009. Elles ont atteint un niveau alarmant avec l’arrestation, en octobre 2011, de la professeure et politiste Büşra Ersanlı de l’université de Marmara, du directeur des prestigieuses éditions Belge Ragıp Zarakolu, du doctorant en science politique, éditeur et traducteur Deniz Zarakolu, ou de l’étudiante en science politique de 21 ans Büşra Beste Önder. Ils sont détenus dans le cadre des « opérations [anti] KCK », accusés d’appartenir à ce « Rassemblement social du Kurdistan » que dirigerait la rébellion armée kurde du PKK. Ces accusations ont pour seul objectif de faire taire les intellectuels indépendants et de menacer les chercheurs, les universitaires, les étudiants. La justice en Turquie collabore à ce processus de persécution en généralisant la détention préventive des gardés-à-vues, en ordonnant pour certains d’entre eux (Ragıp et Deniz Zarakolu) leur incarcération dans des prisons de haute sécurité, en réduisant les droits de la défense, en s’acharnant sur les prévenus – comme la sociologue Pinar Selek plusieurs fois acquittée ou les journalistes d’investigation Ahmet Șık et Nedim Șener eux aussi accusés de « terrorisme » dans le cadre des procès « Ergenekon » et maintenus en préventive -, en organisant des procès d’Etat.  

 

Avec la systématisation des arrestations arbitraires depuis avril 2009, et des inculpations pour « appartenance à une organisation terroriste », c’est la possibilité même de mener en Turquie des recherches indépendantes comme celle d’en communiquer les résultats à l’université et à l’opinion publique qui sont visées. Le travail régulier des chercheurs, des professeurs, des étudiants, des traducteurs, des éditeurs, devient périlleux avec une menace permanente sur leur intégrité physique, professionnelle et morale. Leur liberté de travail et d’existence est niée comme est mise en danger la liberté de pensée et d’expression dont elle découle. Près de soixante-dix journalistes sont emprisonnés en Turquie pour avoir fait simplement leur métier, auxquels s’ajoutent les milliers de prisonniers d’opinion raflés dans le cadre de la procédure hors-normes du KCK « qui a conduit à environ 8.000 gardes à vue et 4.000 inculpations. Chaque semaine, des dizaines de noms viennent s’ajouter à la liste. » (Guillaume Perrier, Le Monde, 3 novembre 2011). On ne compte plus les membres incarcérés du parti légal turc BDP (et représenté au Parlement). Cette répression considérable ne touche pas seulement les milieux pro-kurdes en Turquie. D’autres intellectuels libéraux sont arrêtés parce qu’ils s’interrogent sur l’action du gouvernement, sur le rôle des organisations de sensibilité religieuse, sur les pratiques de l’appareil d’Etat. Le Centre américain du PEN considère à plus de mille le nombre d’universitaires, d’écrivains, d’éditeurs et d’avocats arrêtés, tandis que l’Association turque des avocats contemporains (CHD) estime que 500 étudiants sont incarcérés.

 

Les sciences sociales, - la science politique aujourd’hui particulièrement -  paient un lourd tribut à cette bataille pour la liberté scientifique et intellectuelle en Turquie. Le simple fait d’étudier ou de débattre de concepts tels que « démocratie » ou « droits de l’homme », le simple fait de publier des ouvrages sur la diversité culturelle de la société turque, sur les structures de l’Etat, sur l’histoire des minorités (incluant le génocide des Arméniens) peuvent désormais être retenus contre leurs auteurs et les conduire en prison dans l’attente interminable d’un procès.  Après avoir été quelque peu assouplies dans les années 2000, les barrières de la peur paralysent de nouveau la société turque et ses forces intellectuelles. Elles peuvent les détruire. L’intimidation est partout et au plus haut niveau de l’Etat et du gouvernement, comme le rappellent les déclarations menaçantes du Premier ministre Erdoğan, le 18 novembre à Bitlis, à l’encontre de ceux qui s’interrogent sur la légalité des si nombreuses procédures pénales visant la liberté d’expression. Les chercheurs, universitaires, éditeurs, traducteurs, étudiants, tous ceux qui donnent vie aux univers scientifiques et académiques d’un pays doivent désormais se contraindre et s’autocensurer s’ils veulent survivre. A moins d’affronter la police, la justice, les tribunaux et les procès, et pour ne pas évoquer les campagnes de presse insultantes et dégradantes. C’est inacceptable. Et nous protestons avec eux, pour eux et pour ce qui nous unit à eux, le principe supérieur de liberté de recherche et d’enseignement.

 

*

 

L’initiative d’un Groupe international de travail

Solidaires de nos collègues de Turquie, nous appelons les chercheurs et universitaires du monde entier à participer à un groupe international de travail (GIT) « Liberté de recherche et d’enseignement en Turquie », et à en créer les antennes dans chaque pays. Ses activités prendront place dans le périmètre régulier des universités, des maisons d’édition et des centres de recherche. Elles auront pour but la production et l’articulation entre elles de connaissances approfondies sur l’état des libertés en Turquie. Elles s’inscriront dans les pratiques habituelles des chercheurs, enseignants, étudiants, traducteurs, éditeurs et vulgarisateurs de la recherche. Elles s’exprimeront au travers de rencontres, de conférences et de séminaires portant sur la connaissance et l’analyse des conditions générales de la recherche et de l’enseignement (en Turquie). Elles se traduiront par de nombreuses contributions de spécialistes, par la production d’un savoir inédit et par sa large diffusion. Ce groupe international de travail réalisera une veille documentaire sur tous les faits relatifs à la situation des chercheurs, universitaires, étudiants, éditeurs, traducteurs persécutés. Il travaillera à la connaissance de l’exercice de la liberté d’expression, de la libre circulation des informations critiques ou non conventionnelles, et de la liberté d’engagement et d’association en Turquie, exercice qui conditionne l’existence de ces libertés plus spécifiques mais néanmoins essentielles de recherche et d’enseignement. Il examinera les processus de construction de la démocratie et les blocages auxquels se heurte la démocratisation en Turquie, historiquement et dans un contexte international renouvelé avec les révolutions du « printemps arabe ». Il se propose aussi de constituer une plate-forme d’information, exposant notamment l’ampleur de l’actuelle répression intellectuelle en Turquie, ou bien le sort personnel des collègues menacés ou emprisonnés, ou encore les questions juridiques, politiques, économiques, sociales relatives au processus de démocratisation. Les faits concernant le monde de la recherche et de l’enseignement en Turquie seront confrontés à la situation générale des libertés intellectuelles et publiques dans ce pays mais aussi à des cas similaires ayant affecté ou affectant d’autres pays et, in fine, aux enjeux scientifiques et universitaires dans le monde.

 

Formé de chercheurs, d’universitaires, d’étudiants, de traducteurs et d’éditeurs, unis dans cette communauté de principes et de pratiques, le Groupe international de travail « Liberté de recherche et d’enseignement en Turquie » fonctionnera comme un centre de recherche diffusant, dans un langage accessible, les résultats de ses enquêtes. La médiation des activités du GIT sera assurée par tous les moyens à disposition de ses membres, publications scientifiques, carnets de recherche sur internet, colloques, conférences et tables rondes, etc., et toutes ces données seront largement répercutées dans la presse généraliste et les grands médias.

 

Des antennes du GIT seront créées dans tous les pays. Chacune d’entre elles fonctionnera de manière autonome selon les principes de travail, d’éthique et d’objectifs décrits ci-dessus. Leur mise en réseau traduira la force et l’efficacité du GIT « Liberté de recherche et d’enseignement en Turquie ». Ce modèle empirique d’association académique internationale pourra envisager, avec d’autres collègues qui en prendraient l’initiative, d’agir, par la recherche, l’étude et la transmission des savoirs, sur d’autres terrains où chercheurs, universitaires, étudiants, traducteurs, éditeurs, sont menacés dans l’exercice de leur métier et de leur vocation. D’autres GIT « Liberté de recherche et d’enseignement » pourraient ainsi voir le jour, concrétisant une dynamique académique pour les libertés démocratiques.

 

La création du Groupe international de travail « Liberté de recherche et d’enseignement en Turquie » est réalisée à l’initiative de Deniz Akagül, maître de conférences à l’université de Lille-1 (économie), Samim Akgönül, maître de conférences à l’université de Strasbourg (histoire et science politique), Salih Akın, maître de conférences à l’université de Rouen (linguistique), Marianne Baudin, professeure à l’université de Paris-13 (psychanalyse), Faruk Bilici, professeur à l’INALCO (histoire), Hamit Bozarslan, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales/EHESS (histoire, sociologie), Cengiz Cağla, professeur invité à l’EHESS (science politique), Renée Champion, chercheuse associée au CHISM/EHESS (littérature arabe et histoire des femmes), Etienne Copeaux, historien de la Turquie, Philippe Corcuff, maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Lyon (science politique), Yves Déloye, professeur à Sciences Po Bordeaux et à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (science politique), secrétaire général de l’Association française de science politique, Gilles Dorronsoro, professeur à l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne (science politique), Vincent Duclert, professeur agrégé à l’EHESS (histoire), Paul Dumont, professeur à l’université de Strasbourg (histoire), Ragıp Ege, professeur à l’université de Strasbourg (économie), Gulçin Erdinç Lelandais, docteure de l’EHESS, Marie Curie Fellow, university of Warwick (sociologie), Didier Francfort, professeur à l’université de Nancy-II (histoire), Zeynep Gambetti, docteure de l’université de Paris-VII (philosophie politique), Eric Geoffroy, maître de conférences à l’université de Strasbourg (études arabes et islamiques), Nilüfer Göle, directrice d’étude à l’EHESS (sociologie), Diana Gonzalez, docteure de l’EHESS (sociologie, esthétique),  Gérard Groc, chercheur associé à l’IREMAN/CNRS (histoire), Deniz Günce Demirhisar, doctorante à l’EHESS et ATER à l’université de Paris 13 (sociologie), Ali Kazancigil, co-directeur de la revue Anatoli (science politique), Iclal Incioglu, doctorante à l’université de Paris 7 (psychologie sociale), Lilian Mathieu, directeur de recherche au CNRS, ENS de Lyon (sociologie), Claire Mouradian, directrice de recherche au CNRS (histoire), Christophe Prochasson, directeur d’études à l’EHESS (histoire), Daniel Rottenberg, docteur en médecine, doctorant à l’université de Strasbourg (histoire), Emine Sarikartal, doctorante à l’université de Paris-Ouest, traductrice et éditrice (philosophie), Ferhat Taylan, doctorant à l’université de Bordeaux et traducteur (philosophie), Lucette Valensi, directrice d’études à l’EHESS (histoire), Murat Yıldızoğlu, professeur à l’université de Bordeaux (économie).

 

 

Cette équipe a installé à Paris une première antenne du GIT, le 21 novembre 2011.

 

Pour adhérer à l’antenne française du Groupe international de travail « Liberté de recherche et d’enseignement en Turquie », ou pour susciter la création d’une antenne dans le monde, contacter Hamit Bozarslan, Cengiz Cağla, Yves Déloye, Vincent Duclert, Diana Gonzalez ou Ferhat Taylan : hamit.bozarslan@ehess.fr, ccagla2002@yahoo.com,  yvesdeloye@hotmail.com, duclert@ehess.fr, diana.gonzalez2@wanadoo.fr, ferhattaylan@gmail.com

 

Deux sites internet (en construction) vous informent : www.gitinitiative.com qui présente l’initiative au niveau international, qui fédère les antennes dans chaque pays, qui recueille leurs travaux et rend compte des actions passées, présentes et à venir, et www.gitfrance.fr pour l’antenne créée en France en même temps que la naissance du GIT.

 

 


 

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 « Türkiye’de araştıma ve öğretim özgürlüğü » uluslararası çalışma grubu

 

 

Araştırma ve öğretim özgürlüğü için kritik bir durum

Türkiye’de akademik araştırma ve öğretime karşı yürütülen saldırılar ve hükümet baskıları, 2009’dan itibaren yoğunlaştı. Ekim 2011’de Marmara Üniversitesi öğretim üyesi Prof. Dr. Büşra Ersanlı, Belge Yayınları’nın editörü Ragıp Zarakolu, editör, çevirmen ve siyaset bilimi alanında doktora öğrencisi Deniz Zarakolu’nun ve 21 yaşındaki siyaset bilimi öğrencisi Büşra Beste Önder’in tutuklanmasıyla birlikte, bu baskılar dikkat çekici boyutlara ulaştı. PKK’nın şehir örgütlenmesi olduğu iddia edilen KCK’ya yönelik operasyonlarda göz altına alınan bu insanlara yöneltilen suçlamaların vardığı nokta, bağımsız entellektüelleri susturmak, araştırmacı, akademisyen ve öğrencileri tehdit etmek olmuştur. Gözaltına alınan kişilerin tutukluluk hallerini uzatarak, kimi tutukluları (örneğin Ragıp ve Deniz Zarakolu) yüksek güvenlikli cezaevlerinde tutarak, savunma makamının haklarını kısıtlayarak, bir çok kez aklanan sosyolog Pınar Selek veya Ergenekon davası kapsamında « terörizm » suçuyla yargılanan gazeteci Ahmet Şık ve Nedim Şener örneklerinde olduğu gibi, sanıklar üstünde baskı kurarak ve davaları siyasi davalara dönüştürerek, Türkiye’deki adalet sistemi bu zulümlere ortak olmaktadır.

 

Nisan 2009’dan beri keyfi tutuklamaların ve « terör örgütü üyeliği » suçlamalarının yaygınlaşmasıyla birlikte, Türkiye’de bağımsız araştırmalar yürütme, bunların sonuçlarını üniversitede yayma ya da kamuoyuyla paylaşma imkanının kendisi tehlikeye girmiştir. Araştırmacıların, akademisyenlerin, öğrencilerin, çevirmenlerin, yayıncıların çalışmaları, fiziksel, mesleki ve ahlaki bütünlüklerinin tehdit altında olması sebebiyle zorlaşmıştır. Varolma ve çalışma özgürlükleri, tıpkı bunun temelindeki düşünce ve ifade özgürlüğü gibi, yoksayılmaktadır. Türkiye’de 70’e yakın gazeteci, « terör » suçu olarak değerlendirilen mesleki faaliyetlerinden ötürü tutukludur ; yaklaşık 8000 gözaltı ve 4000 tutuklamayla sürdürülen KCK operasyonları, yasal bir parti olan BDP’yi hedef almıştır. Bu baskı, Türkiye’de yalnızca Kürt hareketine ya da onları destekleyenlere yönelik değildir. Kimi liberal entellektüeller de hükümetin eylemlerine, dini cemaatlerin kamu kuruluşlarındaki rolüne ve devlet aygıtına bağlı pratiklere dair sorular sordukları için tutuklanmışlardır. PEN’in Hapisteki Yazarlar Komitesi, Türkiye’de yaklaşık 1000 akademisyen, yazar, yayıncı ve avukatın hapiste olduğunu belirtirken, Çağdaş Hukukçular Derneği halen tutuklu bulunan öğrenci sayısının yaklaşık 500 olduğunu saptamıştır.

Sosyal bilimler – bugün özellikle siyaset bilimi – Türkiye’de verilen bu bilimsel ve entellektüel özgürlük mücadelesinde ağır bir bedel ödemektedir. Bundan böyle, « demokrasi » ya da « insan hakları » kavramlarını incelemek ya da tartışmak, Türkiye toplumunun kültürel çeşitliliği, devlet yapıları ya da azınlık tarihi (örneğin Ermeni soykırımı) üzerine kitaplar yayınlamak, suç delili olarak kullanılabilir. Bu araştırma ve tartışmaları yürütenler, sonu gelmeyen bir mahkemeyi beklemek üzere hapse atılabilir. Her ne kadar 2000’li yıllarda etkisi azalmış olsa da, korkutma mekanizmaları, Türkiye toplumunu ve onun entellektüel güçlerini bugün yeniden hareketsizleştirmektedir. Hatta bunları yok etmesi de mümkündür. Başbakan Erdoğan’ın, ifade özgürlüğünü hedef alan çok sayıdaki cezai işlemin yasallığını sorgulayanlara karşı yaptığı tehditkar açıklamaların da gösterdiği gibi, korkutma mekanizmaları devletin ve hükümetin zirvesine oturmuştur. Bir ülkenin bilimsel ve akademik evrenini canlı tutan tüm kesimler, araştırmacılar, akademisyenler, çevirmenler, öğrenciler, hayatta kalmak için kendilerini sansürlemek ya da hakaret niteliğindeki gazete kampanyalarıyla, polisle, mahkemelerle, davalarla uğraşmak zorundadırlar. Bu kabul edilemez. Bizler de, araştırma ve öğretim özgürlüğü ilkesini, yani bizi onlara bağlayan şeyi, onlar için ve onlarla birlikte savunuyoruz.

 

Uluslararası bir çalışma grubu inisiyatifi                                                  

            Türkiye’li meslektaşlarımızla dayanışma içinde, tüm dünyadaki araştırmacı ve akademisyenleri, « Türkiye’de araştırma ve öğretim özgürlüğü » konusuna eğilecek uluslararası çalışma grubuna katılmaya ve kendi ülkelerinde bu grubun temsilciliklerini oluşturmaya davet ediyoruz. Bu grubun faaliyetleri, üniversiteler, yayınevleri ve araştırma merkezleri üzerinden yürütülecek, araştırmacıların, öğretim elemanlarının, öğrencilerin, çevirmenlerin ve editörlerin olağan çalışmaları kapsamında gerçekleştirilecektir. Türkiye’de araştırma ve öğretimin genel koşullarının çözümleneceği konferans ve seminer düzlenlenecektir. Bu faaliyetler, uzmanların çeşitli katkılarıyla, ortaya çıkacak yeni bilgilerle ve bunun yayılmasıyla görünür kılınacaktır. Bu ulusararası çalışma grubu, zulüm gören araştırmacıların, öğretim elemanlarının, öğrencilerin, çevirmenlerin ve editörlerin durumu hakkında belgelere dayalı bir bilgi akışı sağlayacaktır. İfade özgürlüğü olmaksızın araştırma ve öğretim özgürlüğünden de söz edilemeyeceğinden, çalışma grubumuz Türkiye’de ifade özgürlüğünün uygulanma koşulları üzerine yoğunlaşacaktır. Ayrıca, Türkiye’de entellektüeller üzerinde halihazırda uygulanan baskıyı ve tehdit altında veya hapishanede bulunan meslektaşlarımızın kişisel durumlarını gözler önüne seren bir bilgi platformu oluşturmayı amaçlamaktadır.

 

Türkiye’de araştırma ve öğretim dünyasını ilgilendiren bu olaylar, ülkedeki kamusal ve entellektüel özgürlüklerin genel durumu açısından ele alınacak, başka ülkeleri de ilgilendiren benzer vakalarla ve dünyadaki bilimsel/akademik meselelerle birlikte okunacaktır. Bu ilkeler ve pratikler etrafında bir araya gelmiş araştırmacıların, öğretim elemanlarının, öğrencilerin, çevirmenlerin ve editörlerin oluşturduğu « Türkiye’de araştırma ve öğretim özgürlüğü » uluslararası çalışma grubu, etkinliklerinin sonuçlarını anlaşılır bir dilde yayınlayan bir araştırma merkezi gibi iş görecektir. Grubun etkinlikleri, üyelerinin elinde bulunan tüm imkanlar seferber edilerek, bilimsel yayınlarla, internet ortamında takip edilebilecek araştırma günlükleriyle, konferans ve yuvarlak masa toplantılarıyla yayılacak ; bu veriler belli başlı medya organlarına nakledilecektir. 

 

 Grubun temsilciliklerinin tüm ülkelerde oluşturulması hedeflenmektedir. Bunların her biri, yukarıda belirtilen amaçlar ve çalışma ilkeleri çerçevesinde, özerk biçimde işleyecektir. Bu tür bir ağın oluşması, grubun etkinliğini ve gücünü ifade edecektir. 

 

« Türkiye’de araştırma ve öğretim özgürlüğü » uluslararası çalışma grubu, aşağıda ismi geçen araştırmacıların inisiyatifiyle hayata geçirilmiştir : Deniz Akagül, Lille Üniversitesi (ekonomi), Samim Akgönül,  Strasbourg Üniversitesi (tarih ve siyaset bilimi), Salih Akın, Rouen Üniversitesi (dilbilim), Faruk Bilici,  INALCO (tarih), Marianne Baudin, Paris 13 Üniversitesi (psikanaliz), Hamit Bozarslan, EHESS (tarih, sosyoloji), Cengiz Cağla, EHESS (siyaset bilimi), Renée Champion, CHSIM/EHESS (arap edebiyatı ve kadın çalışmaları), Etienne Copeaux, Türkiye tarihçisi, Philippe Corcuff, Lyon IEP (siyaset bilimi), Yves Déloye, Sciences Po Bordeaux ve Paris 1 Panthéon-Sorbonne Üniversitesi (siyaset bilimi), Fransız siyaset bilimi derneği genel sekreteri, Gilles Dorronsoro, Paris 1 Panthéon-Sorbonne Üniversitesi (siyaset bilimi), Vincent Duclert, l’EHESS (tarih), Paul Dumont, Strasbourg Üniversitesi (tarih), Ragıp Ege, Strasbourg Üniversitesi (ekonomi), Gülçin Erdi Lelendais, EHESS/Warwick Üniversitesi, Didier Francfort, Nancy Üniversitesi (tarih), Zeynep Gambetti, Paris-7 Üniversitesi (siyaset bilimi), Eric Geoffroy, Strasbourg Üniversitesi (İslam araştırmaları), Nilüfer Göle, EHESS (sosyoloji), Diana Gonzalez, EHESS (sosyoloji ve tarih), Gérard Groc, CNRS (tarih), Deniz Günce Demirhisar, EHESS/Paris 13 Üniversitesi (sosyoloji), İclal İncioğlu, Paris 7 Üniversitesi (sosyal psikoloji), Ali Kazancigil, Lilian Mathieu, CNRS/ENS (sosyoloji), Claire Mouradian, CNRS (tarih), Christophe Prochasson, EHESS (tarih), Daniel Rottenberg, Strasbourg Üniversitesi (tarih), Emine Sarıkartal Paris 10 Nanterre Üniversitesi (felsefe), Ferhat Taylan, Bordeaux Üniversitesi (felsefe), Lucette Valensi, EHESS (tarih), Murat Yıldızoğlu, Bordeaux Üniversitesi (ekonomi).

 

Bu ekip, çalışma grubunun ilk ayağını 21 Kasım günü Paris’te oluşturmuştur.

 

Çalışma grubunun Fransa temsilciliğine katılmak ya da başka bir ülkede temsilciliğini oluşturmak için, aşağıdaki adreslerden birine yazabilirsiniz :

hamit.bozarslan@ehess.fr,ccagla2002@yahoo.com,yvesdeloye@hotmail.com, duclert@ehess.fr, diana.gonzalez2@wanadoo.fr, ferhattaylan@gmail.com

 

Yapım aşamasındaki iki web sitesi var : www.gitinitiative.com, uluslarası düzeyde girişimi tanıtacak, temsilcilikleri örgütleyecek, çalışmaları bir araya getirecek ve etkinlikleri duyuracaktır ; www.gitfrance.fr ise çalışma grubunun Fransa ayağı için aynı işlevi görecektir. 

 

 


 

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Groupe International de Travail (“GIT”) / International Work Group: “Academic Liberty and Freedom of Research in Turkey”

 

 

A Critical Situation for Academic Liberty and Freedom of Research

Governmental measures of repression and attacks against academic research, teaching, translation and publication in Turkey have intensified since 2009. They have reached an alarming climax with the recent arrests of the professor and political scientist Büşra Ersanli of Marmara University, the owner and chief editor of the prestigious Belge publishing Ragip Zarakolu, the editor and translator Deniz Zarakolu, and the 21-year old political science student Büşra Beste Önder. They are being detained within the context of “[anti]-KCK operations,” accused of belonging to the Kurdistan Communities Union (KCK), an organization allegedly linked to the armed Kurdistan Workers’ Party (PKK). The sole objective of these accusations is to silence independent intellectuals and threaten researchers, academics and students. The judicial system in Turkey has collaborated in this process of persecution by systematically upholding detentions under surveillance until trial, and ordering incarcerations (such as those of Ragip and Deniz Zarakolu) to be held in high security prisons, thereby reducing the rights of the defense and harassing the defendant while the state trials are organized – as has been the case with the sociologist Pinar Selek (pursued and acquitted several times) or the investigative journalists Ahmet Şik and Nedim Şener  (accused of “terrorism” within the framework of the “Ergenekon” trials and imprisoned).

 

Since April 2009, with the systematization of arbitrary arrests and subsequent charges of “membership in a terrorist organization,” the possibility in Turkey of independent research and its diffusion, within academic circles or for the public, is at stake. The work of researchers, professors, students, translators and editors has become perilous because of a permanent threat physically, professionally, and morally. The very act of denying them their freedom of independent research suppresses their basic freedom of thought and expression. In addition to academics, close to seventy journalists are in prison in Turkey for having simply practiced their profession. One can add to this, thousands of prisoners of opinion raided within the context of the practices of the [anti]-KCK operations “which have led to approximately 8,000 people held in police custody and 4,000 charged. Each week, dozens of names are added to the list.” (Guillaume Perrier, Le Monde, November 3, 2011). This does not take into account the incarcerated members of the legal Turkish political party “BDP” (the pro-Kurdish Peace and Democrary Party), represented in parliament, nor does it only threaten the pro-Kurdish milieu. Other liberal intellectuals have been arrested because they have questioned the actions of the government, the role of religious organizations, and practices of the State system. The American branch of PEN believes that more than a thousand academics, writers, editors and lawyers have been arrested, while the Turkish association of contemporary lawyers (“CHD”) estimates that 500 students have been incarcerated.

 

The social sciences – political science, in particular – suffers a great loss with this suppression of scientific and intellectual liberty in Turkey. The simple act of studying or debating concepts such as “democracy” or “human rights,” the simple act of publishing works on the cultural diversity of Turkish society, on the structure of the State or, on the history of minorities (including the Armenian Genocide), can henceforth endanger intellectuals and lead them to be detained in prison for an interminable time while awaiting their trials. After a certain period of leniency during the first part of the 2000 decade, fear tactics have paralyzed once again the Turkish society and its intellectual forces. They could destabilize them permanently. Intimidation is everywhere and at the highest levels of the State and government, as is underlined by the threatening declarations made by Prime Minister Erdoğan on November 18 in Bitlis, against those who question the legality of the recent numerous criminal proceedings. Researchers, professors, editors, translators, students – all those who give life to the scientific and academic field – must from now on constrain and censure themselves if they are to survive. At the very least, they will confront police, the justice system, the courts and trials, not to mention insulting and degrading press campaigns. This is unacceptable. And we protest with them, for them and for what unites us with them, the higher principle of academic liberty and freedom of research.

 

*

 

Initiative for an International Work Group and Research

In solidarity with our colleagues in Turkey, we call on researchers and academics worldwide to participate in an “International Work Group” (Group International de Travail, “GIT”): “Academic Liberty and Freedom of Research in Turkey,” and to create branches in their respective countries. The activities will exist within the habitual parameters and practices of universities, publishing houses, centers of research and organizations that popularize research. The goal of the international groups’ activities will be the production and articulation of a deeper and more precise knowledge regarding the situation of civil liberties in Turkey. These activities will take place through meetings, conferences and seminars in order to analyze the general conditions of research and teaching (in Turkey). They will result in numerous contributions by specialists and will be widely circulated through scientific publications, internet sites, symposiums, conferences, round tables and the general public media. This international work group will also act as a “watch group,” surveying all documentary facts relative to the situation of persecuted researchers, academics, students, editors, and translators. It will be informed of the practice of  liberty of expression and free circulation of information (both critical and non-conventional), as well as the liberty of engagement and association in Turkey, all of which assure the more specific but nevertheless essential academic liberty and freedom of research. The group will examine the ways in which democracy is being constructed in Turkey and the obstacles it faces, both historically in the specific conditions of Turkey and within the recent international context of the “Arab Spring.” In addition, it proposes to create a platform of information, exposing the extent of current intellectual repression in Turkey and the personal outcome of colleagues that are threatened or imprisoned, as well as legal, political, economic, and social questions relative to the process of democratization. In analyzing the situation in Turkey, the group will also confront these issues as they apply, in the end, to other countries.

 

Branches of the International Work Group (Group International de Travail, “GIT”): “Academic Liberty and Freedom of Research in Turkey” will be created worldwide. Each of them will function in an independent manner according to the research principles, ethics and objectives mentioned above. The networking of these worldwide branches will be its force and efficiency. GIT, an empirical model of an international academic organization, created for the situation in Turkey, can direct its research towards other countries where academic liberty and freedom of research are threatened. The mobilization of other GIT centers will give voice to the preoccupation and engagement of academics, around the world, who demand universal democratic civil liberties.

 

Founders of GIT in France

The International Work Group (GIT): “Academic Liberty and Freedom of Research in Turkey” was created on the initiative of: Dr. Samim Akgönül, (Associate Professor of History and Political Science, Université de Strasbourg), Dr. Salih Akın, (Associate Professor of Linguistics, Université de Rouen), Dr. Marianne Baudin (Professor of Psychoanalysis, Université de Paris 13), Dr. Faruk Bilici (Professor of History, INALCO), Dr. Hamit Bozarslan (Professor of History and Sociology, Ecole des hautes études en sciences sociales/EHESS), Dr. Cengiz Cağla (Invited Professor of Political Science, EHESS), Dr. Renée Champion (Researcher, Arab Literature and Women Studies, CHSIM/EHESS), Dr. Etienne Copeaux (Historian, Turkish Studies), Dr. Philippe Corcuff (Associate Professor of Political Science, Sciences Po Lyon), Dr. Yves Déloye, Professor of Political Science, Sciences Po Bordeaux and Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Secretary General of the Association française de science politique), Dr. Gilles Dorronsoro (Professor of Political Science, Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Dr. Vincent Duclert (Associate Professor of History, EHESS), Dr. Paul Dumont (Professor of History, Université de Strasbourg), Dr. Ragıp Ege (Professor of Economics, Université de Strasbourg), Dr. Gulçin Erdinç Lelandais (PhD, Sociology, EHESS, Marie Curie Fellow, University of Warwick), Dr. Didier Francfort (Professor of History, Université de Nancy-II), Dr. Zeynep Gambetti (PhD, Political Philosophy, Université de Paris-VII), Dr. Eric Geoffroy (Associate Professor of Arab and Islamic Studies, Université de Strasbourg), Dr. Nilüfer Göle, (Professor of Sociology, EHESS), Dr. Diana Gonzalez (PhD, Sociology and Aesthetics, EHESS), Dr. Gérard Groc (Researcher, History, IREMAN/CNRS), Deniz Günce Demirhisar (PhD student, Sociology, EHESS and ATER, Université de Paris 13), Dr. Ali Kazancigil (Co-director of the revue Anatoli, Political Science), Iclal Incioglu (PhD student, Social Psychology, Université de Paris-VII), Dr. Lilian Mathieu (Director of Research, CNRS, ENS de Lyon, Sociology), Dr. Claire Mouradian (Director of Research CNRS, History), Dr. Christophe Prochasson (Professor of History, EHESS), Dr. Daniel Rottenberg, M.D. (PhD candidate, History, Université de Strasbourg), Emine Sarikartal (PhD student, translator and editor, Philosophy, Université de Paris-Nanterre), Ferhat Taylan (PhD student and translator, Philosophy, Université de Bordeaux), Dr. Lucette Valensi (Professor of History, EHESS), Dr. Murat Yıldızoğlu (Professor of  Economics, Université de Bordeaux).

 

This first branch of GIT was inaugurated in Paris, France on November 21st 2011.

 

To join the French branch of the International Work Group/Groupe international de travail (GIT): “Academic Liberty and Freedom of Research in Turkey” (“Liberté de recherché et d’enseignement en Turkey”), or to create a branch in your country, please contact: Hamit Bozarslan, Cengiz Cağla, Yves Déloye, Vincent Duclert, Diana Gonzalez or Ferhat Taylan, at: hamit.bozarslan@ehess.fr, ccagla2002@yahoo.com, yvesdeloye@hotmail, duclert@ehess.fr, diana.gonzalez2@wanadoo.fr, ferhattaylan@gmail.com.

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 16:07

Groupe international de travail (GIT) 

« Liberté de recherche et d’enseignement en Turquie »

créé à Paris le 21 novembre 2011

 

 

Une situation critique pour la liberté de recherche et d’enseignement

Les mesures de répression gouvernementale et les attaques portées contre la recherche et à l’enseignement universitaire en Turquie se sont intensifiées depuis 2009. Elles ont atteint un niveau alarmant avec l’arrestation, en octobre 2011, de la professeure et politiste Büşra Ersanlı de l’université de Marmara, du directeur des prestigieuses éditions Belge Ragıp Zarakolu, du doctorant en science politique, éditeur et traducteur Deniz Zarakolu, ou de l’étudiante en science politique de 21 ans Büşra Beste Önder. Ils sont détenus dans le cadre des « opérations [anti] KCK », accusés d’appartenir à ce « Rassemblement social du Kurdistan » que dirigerait la rébellion armée kurde du PKK. Ces accusations ont pour seul objectif de faire taire les intellectuels indépendants et de menacer les chercheurs, les universitaires, les étudiants. La justice en Turquie collabore à ce processus de persécution en généralisant la détention préventive des gardés-à-vues, en ordonnant pour certains d’entre eux (Ragıp et Deniz Zarakolu) leur incarcération dans des prisons de haute sécurité, en réduisant les droits de la défense, en s’acharnant sur les prévenus – comme la sociologue Pinar Selek plusieurs fois acquittée ou les journalistes d’investigation Ahmet Șık et Nedim Șener eux aussi accusés de « terrorisme » dans le cadre des procès « Ergenekon » et maintenus en préventive -, en organisant des procès d’Etat.  

 

Avec la systématisation des arrestations arbitraires depuis avril 2009, et des inculpations pour « appartenance à une organisation terroriste », c’est la possibilité même de mener en Turquie des recherches indépendantes comme celle d’en communiquer les résultats à l’université et à l’opinion publique qui sont visées. Le travail régulier des chercheurs, des professeurs, des étudiants, des traducteurs, des éditeurs, devient périlleux avec une menace permanente sur leur intégrité physique, professionnelle et morale. Leur liberté de travail et d’existence est niée comme est mise en danger la liberté de pensée et d’expression dont elle découle. Près de soixante-dix journalistes sont emprisonnés en Turquie pour avoir fait simplement leur métier, auxquels s’ajoutent les milliers de prisonniers d’opinion raflés dans le cadre de la procédure hors-normes du KCK « qui a conduit à environ 8.000 gardes à vue et 4.000 inculpations. Chaque semaine, des dizaines de noms viennent s’ajouter à la liste. » (Guillaume Perrier, Le Monde, 3 novembre 2011). On ne compte plus les membres incarcérés du parti légal turc BDP (et représenté au Parlement). Cette répression considérable ne touche pas seulement les milieux pro-kurdes en Turquie. D’autres intellectuels libéraux sont arrêtés parce qu’ils s’interrogent sur l’action du gouvernement, sur le rôle des organisations de sensibilité religieuse, sur les pratiques de l’appareil d’Etat. Le Centre américain du PEN considère à plus de mille le nombre d’universitaires, d’écrivains, d’éditeurs et d’avocats arrêtés, tandis que l’Association turque des avocats contemporains (CHD) estime que 500 étudiants sont incarcérés.

 

Les sciences sociales, - la science politique aujourd’hui particulièrement -  paient un lourd tribut à cette bataille pour la liberté scientifique et intellectuelle en Turquie. Le simple fait d’étudier ou de débattre de concepts tels que « démocratie » ou « droits de l’homme », le simple fait de publier des ouvrages sur la diversité culturelle de la société turque, sur les structures de l’Etat ou sur l’histoire des minorités peuvent désormais être retenus contre leurs auteurs et les conduire en prison dans l’attente interminable d’un procès.  Après avoir été quelque peu assouplies dans les années 2000, les barrières de la peur paralysent de nouveau la société turque et ses forces intellectuelles. Elles peuvent les détruire. L’intimidation est partout et au plus haut niveau de l’Etat et du gouvernement, comme le rappellent les déclarations menaçantes du Premier ministre Erdoğan, le 18 novembre à Bitlis, à l’encontre de ceux qui s’interrogent sur la légalité des si nombreuses procédures pénales visant la liberté d’expression. Les chercheurs, universitaires, éditeurs, traducteurs, étudiants, tous ceux qui donnent vie aux univers scientifiques et académiques d’un pays doivent désormais se contraindre et s’autocensurer s’ils veulent survivre. A moins d’affronter la police, la justice, les tribunaux et les procès, et pour ne pas évoquer les campagnes de presse insultantes et dégradantes. C’est inacceptable. Et nous protestons avec eux, pour eux et pour ce qui nous unit à eux, le principe supérieur de liberté de recherche et d’enseignement.

 

 

L’initiative d’un Groupe international de travail

Solidaires de nos collègues de Turquie, nous appelons les chercheurs et universitaires du monde entier à participer à un groupe international de travail (GIT) « Liberté de recherche et d’enseignement en Turquie », et à en créer les antennes dans chaque pays. Ses activités prendront place dans le périmètre régulier des universités, des maisons d’édition et des centres de recherche. Elles auront pour but la production et l’articulation entre elles de connaissances approfondies sur l’état des libertés en Turquie. Elles s’inscriront dans les pratiques habituelles des chercheurs, enseignants, étudiants, traducteurs, éditeurs et vulgarisateurs de la recherche. Elles s’exprimeront au travers de rencontres, de conférences et de séminaires portant sur la connaissance et l’analyse des conditions générales de la recherche et de l’enseignement (en Turquie). Elles se traduiront par de nombreuses contributions de spécialistes, par la production d’un savoir inédit et par sa large diffusion. Ce groupe international de travail réalisera une veille documentaire sur tous les faits relatifs à la situation des chercheurs, universitaires, étudiants, éditeurs, traducteurs persécutés. Il travaillera à la connaissance de l’exercice de la liberté d’expression, de la libre circulation des informations critiques ou non conventionnelles, et de la liberté d’engagement et d’association en Turquie, exercice qui conditionne l’existence de ces libertés plus spécifiques mais néanmoins essentielles de recherche et d’enseignement. Il examinera les processus de construction de la démocratie et les blocages auxquels se heurte la démocratisation en Turquie, historiquement et dans un contexte international renouvelé avec les révolutions du « printemps arabe ». Il se propose aussi de constituer une plate-forme d’information, exposant notamment l’ampleur de l’actuelle répression intellectuelle en Turquie, ou bien le sort personnel des collègues menacés ou emprisonnés, ou encore les questions juridiques, politiques, économiques, sociales relatives au processus de démocratisation. Les faits concernant le monde de la recherche et de l’enseignement en Turquie seront confrontés à la situation générale des libertés intellectuelles et publiques dans ce pays mais aussi à des cas similaires ayant affecté ou affectant d’autres pays et, in fine, aux enjeux scientifiques et universitaires dans le monde.

 

Formé de chercheurs, d’universitaires, d’étudiants, de traducteurs et d’éditeurs, unis dans cette communauté de principes et de pratiques, le Groupe international de travail « Liberté de recherche et d’enseignement en Turquie » fonctionnera comme un centre de recherche diffusant, dans un langage accessible, les résultats de ses enquêtes. La médiation des activités du GIT sera assurée par tous les moyens à disposition de ses membres, publications scientifiques, carnets de recherche sur internet, colloques, conférences et tables rondes, etc., et toutes ces données seront largement répercutées dans la presse généraliste et les grands médias.

 

Des antennes du GIT seront créées dans tous les pays. Chacune d’entre elles fonctionnera de manière autonome selon les principes de travail, d’éthique et d’objectifs décrits ci-dessus. Leur mise en réseau traduira la force et l’efficacité du GIT « Liberté de recherche et d’enseignement en Turquie ». Ce modèle empirique d’association académique internationale pourra envisager, avec d’autres collègues qui en prendraient l’initiative, d’agir, par la recherche, l’étude et la transmission des savoirs, sur d’autres terrains où chercheurs, universitaires, étudiants, traducteurs, éditeurs, sont menacés dans l’exercice de leur métier et de leur vocation. D’autres GIT « Liberté de recherche et d’enseignement » pourraient ainsi voir le jour, concrétisant une dynamique académique pour les libertés démocratiques.

 

La création du Groupe international de travail « Liberté de recherche et d’enseignement en Turquie » est réalisée à l’initiative de Deniz Akagül, maître de conférences à l’université de Lille-1 (économie), Samim Akgönül, maître de conférences à l’université de Strasbourg (histoire et science politique), Salih Akın, maître de conférences à l’université de Rouen (linguistique), Faruk Bilici, professeur à l’INALCO (histoire), Hamit Bozarslan, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales/EHESS (histoire, sociologie), Cengiz Cağla, professeur invité à l’EHESS (science politique), Etienne Copeaux, historien de la Turquie, Philippe Corcuff, maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Lyon (science politique), Yves Déloye, professeur à Sciences Po Bordeaux et à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (science politique), secrétaire général de l’Association française de science politique, Gilles Dorronsoro, professeur à l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne (science politique), Vincent Duclert, professeur agrégé à l’EHESS (histoire), Paul Dumont, professeur à l’université de Strasbourg (histoire), Ragıp Ege, professeur à l’université de Strasbourg (économie), Gulçin Erdinç Lelandais, docteure de l’EHESS, Marie Curie Fellow, university of Warwick (sociologie), Didier Francfort, professeur à l’université de Nancy-II (histoire), Zeynep Gambetti, docteure de l’université de Paris-VII (philosophie politique), Eric Geoffroy, maître de conférences à l’université de Strasbourg (études arabes et islamiques), Diana Gonzalez, docteure de l’EHESS (sociologie, esthétique),  Deniz Günce Demirhisar, doctorante à l’EHESS et ATER à l’université de Paris 13 (sociologie), Ali Kazancigil, co-directeur de la revue Anatoli (science politique), Iclal Incioglu, doctorante à l’université de Paris 7 (psychologie sociale), Lilian Mathieu, directeur de recherche au CNRS, ENS de Lyon (sociologie), Claire Mouradian, directrice de recherche au CNRS (histoire), Emine Sarikartal, doctorante à l’université de Paris-Ouest, traductrice et éditrice (philosophie), Ferhat Taylan, doctorant à l’université de Bordeaux et traducteur (philosophie), Murat Yıldızoğlu, professeur à l’université de Bordeaux (économie).

 

Cette équipe a installé à Paris une première antenne du GIT, le 21 novembre 2011.

 

Pour adhérer à l’antenne française du Groupe international de travail « Liberté de recherche et d’enseignement en Turquie », ou pour susciter la création d’une antenne dans le monde, contacter Hamit Bozarslan, Cengiz Cağla, Yves Déloye, Vincent Duclert, Diana Gonzalez ou Ferhat Taylan : hamit.bozarslan@ehess.fr, ccagla2002@yahoo.com,  yvesdeloye@hotmail.com, duclert@ehess.fr, diana.gonzalez2@wanadoo.fr, ferhattaylan@gmail.com

 

 

Deux sites internet (en construction) vous informent : www.gitinitiative.com qui présente l’initiative au niveau international, qui fédère les antennes dans chaque pays, qui recueille leurs travaux et rend compte des actions passées, présentes et à venir, et www.gitfrance.fr pour l’antenne créée en France en même temps que la naissance du GIT.

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Site De Git France (Groupe International De Travail)

L'initiative GIT

GIT France est la branche française du

Groupe de travail international (GIT)

« Liberté de recherche et d’enseignement en Turquie », une initiative internationale d’universitaires, de chercheurs, d’étudiants, de traducteurs et d’éditeurs née à Paris le 21 novembre 2011

 

sites d’nformations globales :

www.gitiniative.com

http://www.facebook.com/pages/GIT-Initiative/288505904533560?ref=ts

   

Branches du GIT dans de nombreux pays :

Branche en France : www.gitfrance.fr

info.gitfrance@gmail.com

Branche en Amérique du Nord : http://gitamerica.blogspot.com/

gitamerica@yahoo.com

 

Branche au Royaume-Uni : Dr. Cengiz Gunes (cgunes07@gmail.com); Dr. Derya Bayir (deryabayir@gmail.com); Dr. Prakash Shah ( prakash.shah@qmul.ac.uk); Dr. Kerem Oktem (kerem.oktem@sant.ac..uk)

 

Branche en Suisse :

info@sfst.ch 

 

Branche en Turquie :  http://gitturkiye.com/  

Dr. Zeynep Gambetti (zgambetti@gmail.com) ; Dr. Nesrin Uçarlar (nesrinucarlar@gmail.com)

 

Branche en Allemagne : http://gitgermany.wordpress.com/

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Branche en Grèce : Vasiliki Petsa (bisiapetsa@hotmail.com)

 

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