Partager l'article ! Défense de la liberté de recherche et d’enseignement en Tunisie: Voici le texte d’un « Manifeste de solidarité avec le Professeur Kazdagh ...
Voici le texte d’un « Manifeste de solidarité avec le Professeur Kazdaghli et les universitaires tunisiens », ainsi que la Liste de ses premiers signataires.
Ce Manifeste, qui a été initié par Robert Zittoun, Professeur émérite à l'Université Paris 6, sera rendu public (journaux, remise à l'Ambassadeur de Tunisie, ....) au mois d’octobre, peu avant le procès de Habib Kazdaghli, prévu pour le 25 octobre 2012. Il commence à circuler en France, en Europe et ailleurs, parmi les universitaires, les artistes, les cinéastes, les écrivains,....
Pour adhérer à l'appel, il suffit d'envoyer un courriel à l’adresse e-mail du Professeur Robert Zittoun (robert.zittoun@club-internet.fr) en indiquant, votre : Nom, Prénom, Titre ou Fonction et Ville de Résidence, précédé de la Mention : « Je signe le Manifeste de solidarité avec le Professeur Kazdaghli et les universitaires tunisiens ».
Voici quelques précisions sur le contexte par Marouane Ben Miled, enseignant à l’Ecole nationale d’ingénieurs de Tunis (http://www.enit.rnu.tn/), chercheur au Lamsin, associé au Ceperc, qui invite à signer le texte de solidarité ci-dessous. « Je ne sais pas si vous avez suivi les événements de la Faculté des lettres de la Manouba en Tunisie depuis la rentrée 2011-2012. Sitting violent, durant plusieurs mois, d'intégristes (dont la grande majorité n'est pas étudiante) qui ont insulté et menacé de mort des professeurs (notamment le doyen), parfois frappé; défoncé des portes de classes; empêché des cours de se tenir; tabassé très violemment des étudiants (notamment pendant dix minutes deux types baraqués se relaient pour donner des coups de pieds sur les parties génitales d'une jeune étudiante); mise à sac du bureau du doyen; remplacement du drapeau tunisien du fronton de l'établissement par un drapeau noir avec une inscription religieuse (drapeau faussement attribué au Prophète) etc. (Moins violent, d'autres événements du même type ont eu lieu dans d'autres établissements d'enseignement public). Le prétexte de tout cela était d'obliger l'administration et les professeurs à accepter que des étudiants puissent suivre cours et passer examens en étant voilés intégralement (on ne voit même pas les yeux). Refus du conseil d'administration et du doyen, qui acceptent néanmoins que l'on puisse circuler ainsi vêtu dans l'établissement mais pas pendant les cours. La complicité du gouvernement, avec ces actes, s'est exprimée par l'absence de réaction des forces de l'ordre malgré les appels du doyen et du conseil d'administration; les prises de positions de plusieurs ministres, dont le ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique, qui ont affirmé systématiquement que la responsabilité des évènements revenait au doyen et aux enseignants-chercheurs etc. Ajoutons à cela que deux fils de ministres, dont celui de l'enseignement supérieur, étaient parmi les intégristes qui occupaient les lieux. Tout cela dans un contexte où l'enseignement public est remis en cause depuis la maternelle; des écoles religieuses sont créées dans tout le pays; la mosquée zitouna, vidée des théologiens et savants traditionnels par la force et remplacé par un illettré intégriste, ne se contente pas de redevenir un lieu d'enseignement, mais demande également les locaux de plusieurs établissements supérieurs. Tout cela en dehors de tout cadre légal. Aujourd'hui le Doyen de la Faculté de Lettres de la Manouba est traduit en justice au prétexte d'avoir agressé une étudiante, ce qu'il nie. Il n'y a aucun témoin de cette prétendue agression. Le Doyen risque une lourde peine de prison. »
Manifeste de solidarité avec le Professeur Kazdaghli et les universitaires tunisiens
Universitaires, intellectuels, professionnels des sciences, des arts et des lettres, nous soutenons les intellectuels tunisiens engagés dans la défense des libertés universitaires de leur pays. Nous partageons leur inquiétude, et sommes préoccupés par les pressions, provocations, et intimidations qui s’exercent à l’encontre d’universitaires dans l’exercice de leurs fonctions, et d’artistes exposant leurs œuvres. Nous avons été consternés d’apprendre que le Professeur Habib Kazdaghli, Doyen de la Faculté des Arts, des Lettres, et des Humanités de l’Université de Tunis-Manouba, est poursuivi devant les tribunaux et menacé d’une lourde peine de prison. Il est accusé d’avoir agressé une étudiante, alors que c’est lui qui a été victime d’agressions violant toutes les normes de conduite à l’égard d’un Professeur et d’un Doyen d’Université, avec des voies de fait confirmées par les nombreux témoignages qui nous sont parvenus. Nous exprimons notre pleine solidarité avec tous les universitaires, intellectuels et artistes qui défendent avec force et courage les valeurs des sciences, des humanités, et des arts. La liberté d’enseignement, de recherche et de création est une condition nécessaire à une vie universitaire et artistique dégagée de toute pression politique ou idéologique, et constitue une valeur universellement reconnue. Cette liberté est nécessaire au développement et au progrès de la société tunisienne, auxquels elle aspire pacifiquement.
Premiers Signataires : Jean-Michel Baleyte, Professeur, Psychiatrie de l’enfant, Caen
Patrick Baudry, Sociologue, Professeur des Universités, Bordeaux 3
Sadek Beloucif, Médecin, Professeur Université Paris 13
Philippe Bouchard, Professeur d’endocrinologie, Hôpital Saint-Antoine, Paris
Danièle Brun, Psychanalyste, Professeur émérite de l'Université Paris-Diderot
Claude-Arnold Boccara, Dentiste Paris
René Bokobza, Ingénieur civil Paris
Renato Bensasson, Chercheur CNRS-MNHN, honoraire
Jean-Yves Cahn, Professeur, Clinique Universitaire d'Hématologie, CHU Grenoble
Joel Ceccaldi, Hématologue des Hôpitaux
Christiane Charmasson, Psychiatre-psychanalyste
Geneviève Delzant, Professeur de Médecine Interne, Paris
Patrick Donabédian, Professeur à l’Université d’Aix-Marseille
Josué Feingold, Directeur de Recherche émerite Inserm
Nicole Feingold, Chercheur de recherche Honoraire Inserm
Arlette Fellous, Chercheur émerite, Inserm
Marc Fellous, Professeur émérite, Hopital Cochin, Paris
Eric Fiat, Philosophe, Université Paris-Est Marne-la-Vallée
Sonia Gallico, Historienne, Rome, Italie
Michel Geoffroy, Médecin, philosophe
Roland Gori, Professeur émérite Université d'Aix Marseille, psychanalyste
Corinne Haioun, Hématologue, Professeur faculté de médecine de Créteil
Françoise Héritier, Anthropologue, Professeur Honoraire au Collège de France
Norbert Ifrah, Président de la 47ème section du Conseil National Universitaire
Albert Jacquard, Généticien, écrivain
Axel Kahn, Généticien, Président honoraire de l’Université René-Descartes
Malek Kamoun, MD, Professeur de pathologie, Philadelphie, USA
Gabriel Laury, Psychiatre, New-York
Dominique Lecourt, Philosophe, Professeur émérite à l’Université Paris Diderot
Violette Lefi, Avocate, Maire adjointe chargée de la culture, Paris 12
David Machover, Professeur de Cancérologie, Hôpital Paul-Brousse, Villejuif
Daniel Martin, Consul Honoraire de la République de Vanuatu en France
Bernard Noël, Écrivain
Benoit Polack, Hématologue, Professeur au CHU de Grenoble
Henri Rochant, Professeur émérite de la faculté de médecine de Créteil
Simon Schraub, Cancérologue, Professeur émérite Université de Strasbourg
Claude Seys, Psychologue clinicienne, Fréjus
Didier Sicard, Président honoraire du Comité Consultatif National d’Éthique
Jean-Jacques Sotto, Professeur émérite d’Hématologie, CHU de Grenoble
Jean-Claude Soufir, Médecin, hôpital Cochin, Paris
Salvatore Spezial, Dipartimento Storia Culture e Religioni, La Sapienza, Roma, Italie
Gérard Socié, Médecin, Président de la Société Française d’Hématologie
Françoise Valensi, Maître de Conférences-Praticien Hospitalier, retraitée
Lucia Valenzi, Historienne, Université de Naples Federico II
Robert Zittoun , Hématologue, Professeur émérite Université Paris 6
Yasmine Zuily, Professeur émérite, Université Paris-Est, Créteil …………………………………………………………………………………………
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« Liberté de recherche et d’enseignement en Turquie », une initiative internationale d’universitaires, de chercheurs, d’étudiants, de traducteurs et d’éditeurs née à Paris le 21 novembre 2011
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(liste non exhaustive)