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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 22:09

APPEL du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France : « Soutenons l'édition et la diffusion en langue turque, d'ouvrages relatifs au génocide des Arméniens »

 

Madame, Mademoiselle, Monsieur,

La Maison d'édition "BELGE ULUSLARARASI YAYINCILIK", créée par Ragip ZARAKOLU, toujours incarcéré, avec son fils Deniz, est mise en péril par les multiples dépenses de procès intentés contre elle en Turquie.

 

La maison d'édition fonctionne grâce au jeune fils Sinan et de quelques amis ; mais pour combien de temps ?

 

Le CCAF lance une opération de soutien avec un double objectif :

1 - Financer les opérations de traduction d'ouvrages en cours et commander le plus grand nombre de livres édités en langue turque, relatifs au Génocide des Arméniens


2 - Mais surtout, faire don de ces livres à :

des bibliothèques d'universités turques,
des bibliothèques municipales turques
des ONG en Turquie pour qu'ils les distribuent à leur tour.

Nous vous invitons à prendre connaissance de notre opération sur notre page Internet :

 

http://www.ccaf.info/zarakolu/soutien.htm  

 

Nous souhaitons vous associer à cette opération.

 

 Ragip Zarakolu a été le premier à avoir brisé le tabou du génocide arménien en Turquie. 

Il en paye le prix.

Nous comptons sur vous pour traduire notre reconnaissance et notre soutien.

 

Par gitfrance
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Mercredi 11 janvier 2012 3 11 /01 /Jan /2012 00:46

 

 

Séminaire « Recherches sur la liberté de la recherche en Turquie » 

Organisé par la branche française du

Groupe international de Travail (GIT)

« Liberté de recherche et d’enseignement en Turquie »

 

 

Première séance, le 6 janvier 2012, à Paris, EHESS.

 

La première séance du séminaire s’est donc tenue le 6 janvier. Elle a été très riche et constructive. Elle a souligné en introduction le caractère très alarmant de la situation turque au regard des libertés fondamentales, les menaces grandissantes sur les chercheurs et la recherche indépendante en Turquie, le développement d’un nouveau pouvoir d’Etat, toutes ces données soulignant la fin définitive du « printemps intellectuel » en Turquie des années 2000 et l’entrée dans un régime d’oppression politique et de violence d’Etat. Deux sujets particulièrement conduisent l’Etat et le gouvernement à frapper les intellectuels, 1/ lorsque ces derniers persistent dans leur volonté de se saisir des « sujets sensibles », 2/ lorsqu’ils constituent des dissidences tant en Turquie même qu’à l’étranger, surtout si celles-ci émanent de Turcs qui ne peuvent être classés comme kurdes ou autres minoritaires « comploteurs » (aux yeux du gouvernement et de l’Etat turcs s’entend).   

 

 

1/ Point d'information sur les collègues détenus en Turquie, sur les menaces actuelles ; les actions possibles de solidarité ; l’organisation d’une plate-forme d’information et de collecte d’information

 

La discussion a porté sur les moyens de connaître les identités des personnes détenues, professeurs, chercheurs, journalistes d’investigation, étudiants, traducteurs, éditeurs. Une position commune a été fixée : il ne sera pas possible au GITFrance d’établir cette liste par ses propres moyens, même en comptant sur l’aide des autres branches nationale du GITinitiative ; pour certaines catégories de détenus (les journalistes, les professeurs, .. ) des associations professionnelles ou généralistes (type Amnesty) existent qui font déjà un très bon travail, il faudra donc prendre contact avec eux et les inciter à redoubler d’efforts ; en revanche, il existe un vrai problème d’information et d’absence d’associations de veille pour les étudiants. Aussi a-t-il été décidé que le GITFrance allait créer un sous-groupe chargé des étudiants emprisonnés en Turquie. Ce sous-groupe Etudiants en Turquie s’occuperait aussi de la rédaction et de l’envoi des lettres du GIT à tous les détenus en Turquie, et animera une séance du séminaire sur : « Etre étudiant en Turquie aujourd’hui. Conditions d’étude, conditions d’existence » (voir plus bas).  L’activité de ce sous-groupe viserait à produire un savoir de première main sur la situation des étudiants, à établir un corpus précis des étudiants détenus, condamnés ou anciennement détenus, et à coordonner les actions du même type dans d’autres branches du GIT. Le GITinitiative ne souhaite pas, en agissant en faveur de prisonniers emblématiques, de se désintéresser des anonymes. Ce sous-groupe du GITFrance est là pour le prouver particulièrement. Le corpus établi pourrait servir à des études de type sociologique ou historique.

 

 

2/ Réflexion sur l’initiative GIT, ses atouts, ses limites. La question de la veille documentaire et scientifique.

 

a. On a insisté sur l’importance du type d’action inaugurée par la création du GITinitiative, à savoir la démarche professionnelle (i.e. académique et scientifique). Cela implique de travailler en chercheur sur la situation des libertés en Turquie, sur les conditions de la recherche et de l’enseignement, sur les processus judiciaires visant les libertés de recherche et d’enseignement. Cela amène à pouvoir mobiliser des revues de turcologie et des associations disciplinaires sur le modèle de l’Association française de science politique, à organiser des panels ou des journées d’études sur ces sujets. Le séminaire du GITFrance participera de cette démarche et de cet esprit (voir plus bas). La force du GITinitiative, qu’il s’agit de développer encore, est de se présenter non comme des actions nationales, mais comme relevant effectivement d’une internationale de chercheurs (au sens large). Cette définition du GITinitiative constitue un atout dans la mobilisation de l’opinion publique via les médias et les organisations internationales – ceux-ci accordant de la confiance dans les actions de chercheurs lesquelles apportent des savoirs inédits et légitimes.  Cela permet aussi de « dénationaliser » les actions, c’est notamment important pour les chercheurs français dont un contexte où la France est actuellement « inaudible » en Turquie : ce handicap peut être contourné par le GITFrance grâce à son identité scientifique et universitaire.

 

Afin de soutenir cette politique de mobilisation de l’opinion et de logique de réseaux, un sous-groupe Action internationale a été créé au sein du GITFrance. Ce sous-groupe a notamment pour mission de contacter les médias, les ONG, de recenser les informations de la presse internationale et éventuellement de les traduire, de susciter aussi de nouvelles signatures (les listes de signataires sont préparées par Vincent Duclert, Hamit Bozarslan, Diana Gonzalez et Ferhat Taylan), et de répondre aux demandes des différentes des branches créées (par celle de North America souhaitant que des contributions lui soient adressées pour leur blog http://gitamerica.blogspot.com/ ).    

 

b. Relativement à la connaissance par l’opinion publique de l’initiative GIT et à la vocation recherche et production de savoir du GIT, le site www.gitiniative.com sert actuellement de fil quotidien d’informations générales stabilisées. Il sera envisagé à terme de faire de évoluer ce site vers la création d’un véritable outil de travail type « carnets de recherche » / publication en ligne de textes et archivage des données. Les responsables des branches du GIT peuvent utiliser directement le site pour publier des annonces, notamment relatives à l’activité des branches.

Il existe également, pour la connaissance la plus large du GITInitiative, la page globale sur Facebook :

http://www.facebook.com/pages/GIT-Initiative/288505904533560

 

 

3/ Organisation du GITFrance. Ses relations avec les collègues de Turquie en charge du GIT.

 

 

a. Deux sous-groupes ont donc été créés (voir plus haut), Etudiants en Turquie et Action internationale.

 

 

b. Un troisième sous-groupe est constitué, afin de travailler aux échanges avec les collègues en charge des activités du GIT en Turquie.

 

c.  Un nouveau sous-groupe a été envisagé après la séance, portant sur les « sujets sensibles » qui aujourd’hui animent principalement la répression en Turquie, avec le génocide arménien et la question kurde. On considérera s’il devra être nécessaire, pour des raisons pratiques de travail intellectuel, de séparer parfois les études conduites spécifiquement sur les deux sujets.  

 

d. Il serait important aussi qu’un sous-groupe puisse se constituer autour des pratiques judiciaires et pénitentiaires de l’Etat et du gouvernement turcs. Nous lançons un appel à la constitution de ce sous-groupe.

 

e. Ces sous-groupes fonctionnent de manière autonome, avec un ou deux responsables coordonnant chaque équipe (avec leur adresse e-mail pour contact). Ce ou ces responsables pourront, au nom de son sous-groupe et du GITFrance, poster des informations sur l’actuel site de la branche française www.gitfrance.fr.

 

f. Le GITFrance s’organise autour de ces quatre ou cinq sous-groupes. Il propose également un séminaire de recherche sur la recherche (voir plus bas).

 

g. L’actuel site www.gitfrance.fr du GITFrance fonctionne comme un fil quotidien d’information. Il sera envisagé de créer un second site, par exemple sur la plate-forme hypothèses.org, afin de disposer d’un véritable outil de travail type « carnets de recherche » / publication en ligne de textes et archivage des données. Un appel a été lancé, notamment en direction de doctorants, pour la création de ce nouveau site, sachant que la diffusion du savoir scientifique et la création d’outils d’information scientifique appartiennent désormais pleinement aux carrières de chercheurs..

 

 

4/ Le séminaire « Recherches sur la Liberté de recherche en Turquie »

 

La discussion a été également très fructueuse sur ce plan.

 

 

a. Le séminaire sera présenté comme séminaire collectif de recherche à l’EHESS (et non de l’EHESS). Le groupe initial des responsables du séminaire (Hamit Bozarslan, Cengiz Cağla, Yves Déloye, Vincent Duclert, Diana Gonzalez, Ferhat Taylan) sera élargi à d’autres enseignants et étudiants (ces derniers devant désigner en leur sein deux ou trois représentants). Il est préférable de donner au séminaire le titre : « Recherches sur la liberté de recherche en Turquie ».

 

 

b. Plusieurs thèmes de séance ont été proposés. Les intervenants de ces séances futures les organiseront et les prendront en charge (et assumeront ou délégueront la rédaction d’un compte rendu). Il faudra décider des dates en fonction des thèmes (la prochaine séance est d’ores et déjà programmée). Nous remercions à l’avance les initiateurs de ces thèmes de bien vouloir définir une date (le 27 janvier, 17 à 19 h,  id, amphithéâtre ; le 3 février, 17 à 19 h,  id, amphithéâtre ; le 24 février, 17 à 19 h, salle n° 8 ; le 23 mars, 17 à 19 h, salle 8 ; le 11 mai, 17 à 19 h, salle 8)

Nous avons huit thèmes, nous disposons de cinq séances, il convient donc de déplacer trois thèmes si possibles vers la journée d’étude. 

Le point d’interrogation suivant un nom signifie que l’intervenant a été envisagé, mais qu’il n’a ni donné son accord ni même été sollicité formellement.

 

27 janvier : « L’édition dangereuse en Turquie »

 

« Etre étudiant en Turquie aujourd’hui. Conditions d’étude, conditions d’existence » (sous-groupe Etudiants)

 

« Faire terrain en Turquie »

 

« L’autonomie du champ intellectuel »

 

« Les soutiens à la dissidence intellectuelle. Etude comparée sur les cas soviétique, algérien, turc » [thème qui peut s’intégrer à la journée d’étude, en forme de conclusion ou de table ronde, voir plus bas]

 

« Idéologie et pratiques de la négation d’Etat » [thème qui peut s’intégrer à la journée d’étude, voir plus bas]

 

23 mars « Büsra Ersanli, universitaire, chercheuse, intellectuelle en Turquie »

 

« Du procès Ergenekon au procès KCK: continuités des dispositifs juridico-médiatiques » [thème non discuté lors de la séance et proposé par la suite ; thème qui peut s’intégrer à la journée d’étude, voir plus bas]

 

c. La journée d’étude du 22 juin (nouvelle date, amphithéâtre de l’EHESS, 105 bd Raspail) portera sur l’étude des dispositifs de pouvoir visant à l’éradication de la liberté intellectuelle, à partir du cas de la Turquie et d’autres exemples. Un appel à contribution est lancé auprès de tous.

Contributions déjà envisagées :

 

Pour la Turquie, 

 

« Quelle expérience de la prison pour les actuels dirigeants de l’AKP ? »

 

« Du procès Ergenekon au procès KCK: continuités des dispositifs juridico-médiatiques »

 

Un juriste, pour une vision historique du droit anti-liberté d’expression en Turquie ?

 

« Idéologie et pratiques de la négation d’Etat » [thème qui peut s’intégrer à la journée d’étude, voir plus bas]

 

 

Pour des points de comparaison

 

Sur les « lois scélérates » dans la République française à la fin du XIXe siècle ……… etc.

 

 

Table ronde conclusive

 

« Les soutiens à la dissidence intellectuelle. Etude comparée sur les cas soviétique, algérien, turc »

 

 

d. Ce séminaire et cette journée de travail doivent être l’occasion de pouvoir réunir et entendre des collègues animateurs d’autres branches du GIT. Ceux qui ne peuvent se déplacer peuvent adresser des communications écrites qui seront lues et diffusées.

 

e. La venue de collègues de Turquie en France peut donner l’occasion de les inviter au séminaire.

 

 

 

Par gitfrance
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Mercredi 11 janvier 2012 3 11 /01 /Jan /2012 00:27

La branche Royaume-Uni du GIT a été créée à la suite de la réunion inaugurale du 15 décembre 2011. Si vous souhaitez participer aux activités de ce groupe, merci de contacter les membres suivants du GIT-UK Branch : Dr. Cengiz Gunes ( cgunes07@gmail.com); Dr. Derya Bayir ( deryabayir@gmail.com); Dr. Prakash Shah ( prakash.shah@qmul.ac.uk); Dr. Kerem Oktem (kerem.oktem@sant.ac..uk).

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Mardi 10 janvier 2012 2 10 /01 /Jan /2012 23:12

Les co-fondateurs de l'initiative du GIT (Groupe international de travail « Liberté de recherche et d'enseignement en Turquie ») saluent la naissance du GITTürkiye et de son site http://gitturkiye.com/ qui doivent beaucoup au professeur Cengiz Cağla. Ils adressent tout leur soutien et leurs encouragements au professeur Füsun Üstel qui organise une première réunion du GITTürkiye.

Hamit Bozarslan, Cengiz Cağla, Yves Deloye, Vincent Duclert, Diana Gonzalez, Ferhat Taylan

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Dimanche 8 janvier 2012 7 08 /01 /Jan /2012 11:22

Les poursuites contre les journalistes  obscurcissent l'éclat démocratique en Turquie

Traduction de l'article de Dan Bilefsky et Sebnem Arsu, paru dans le New York Times le 4 janvier 2012 :

http://www.nytimes.com/2012/01/05/world/europe/turkeys-glow-dims-as-government-limits-free-speech.html?_r=1&pagewanted=all (traduction par GITFrance « Action internationale »)

 

Istanbul – Il y a un an, le journaliste Nedim Sener enquêtait sur un réseau terroriste de l’ombre que les procureurs considéraient comme coupable de complot contre le gouvernement d'inspiration islamique en Turquie. Aujourd'hui, Nedim Sener est accusé de faire partie de ce complot, et emprisonné dans le cadre de ce que les organisations des droits de l'homme appellent une purge politique des critiques contre le pouvoir.

Nedim Sener, qui a passé 20 ans de sa vie à traquer la corruption du pouvoir, figure parmi le 13 accusés ayant comparu cette semaine, devant le tribunal national siégeant dans l'imposant Palais de Justice d'Istanbul, pour toute une série d'accusations d’appartenance à une organisation terroriste. Parmi les autres accusés on trouve les éditeurs d'un site internet résolument laïc et critique envers le gouvernement et Ahmet Sik, un journaliste qui a réalisé une enquête sur la manière dont un mouvement islamique proche de Fethullah Gülen, un religieux reclus vivant en Pennsylvanie, aurait infiltré les forces de sécurité turques.

à une époque où Washington et l'Europe hissent la Turquie en modèle de démocratie islamique pour le monde arabe, les défenseurs turcs des droits de l'homme affirment que la répression relève d’une logique inquiétante. Plus grave encore, selon eux, sont les signes récents montrant que le gouvernement du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan réprime la liberté de la presse à travers un mélange d'intimidation, d'arrestations, de machinations financières dont la vente en 2008 d'un journal de premier plan et d'une chaîne de télévision à une société lié à son beau-fils. Ces faits de répression risquent d'assombrir l'image d'Erdogan, adulé au Moyen-Orient en tant que puissant leader régional capable de tenir tête à Israël et à l'Occident. Largement réputé pour avoir su mettre au pas l'armée turque et asseoir un gouvernement confessionnel et conservateur qui articule une forte croissance économique à la démocratie et la tolérance religieuse, il s'est montré à plus d'une occasion irritable et susceptible. C'est cette sensibilité proche de l'arrogance qui, aux dires des défenseurs des droits de l'homme, contribue à son hostilité envers les médias d'information.

Selon l'Union Turque des Journalistes, 97 représentants des médias sont maintenant emprisonnés en Turquie, incluant journalistes, éditeurs et distributeurs, un nombre que les associations de défense des droits disent supérieur au nombre de détenus équivalents en Chine. Le gouvernement rejette ces chiffres et insiste sur le fait qu'à l'exception de quatre cas, les personnes arrêtées ont toutes été inculpées pour des activités autres que l'information.

Le ministre de la justice de Turquie, Sadullah Ergin, a critiqué le mois dernier les groupes de défense des libertés civiques pour avoir créé la fausse impression qu'en Turquie trop de journalistes étaient emprisonnés. Selon lui, un nouveau plan pour renforcer la liberté d'expression cette année, fausseraient la réalité et expliqueraient ces perceptions. Mercredi, Nedim Sener, qui est apparu au tribunal pâle et soucieux, a créé la surprise en accusant les responsables de la police sur lesquels il avait enquêté de l'avoir piégé. « Cela fait 11 mois qu'on ne m'a pas laissé une chance de prononcer un seul mot pour me défendre » a-t-il dit à des amis durant une brève pause. « Je suis une victime d'une opération de vengeance – rien d'autre. »

La Cour européenne des Droits de l'homme a reçu en 2011 près de 9 000 plaintes contre la Turquie pour atteinte à la liberté de la presse et à la liberté d'expression contre 6 500 en 2009. En mars, Orhan Pamuk, un écrivain turc et prix Nobel, a été condamné à une amende de 3670 dollars pour sa déclaration dans un journal suisse : « Nous avons tué 30 000 Kurdes et un million d'Arméniens. »

Les défenseurs des droits de l'Homme disent craindre qu'avec la nouvelle influence régionale prêtée à la Turquie, les états-Unis et l'Europe ferment les yeux sur ces violations des droits de l’homme et ne s'opposent pas à l'autoritarisme qui s'y développe. « La démocratie turque peut être une bonne référence en comparaison avec l'égypte, la Libye ou la Syrie. » s'est exprimé Hakan Altinay, docteur à la Brookings Institution. « Mais toute la région souffrirait si la Turquie était autorisée à négliger les valeurs de la démocratie libérale. »

L'arrestation de Nedim Sener, 45 ans, reporter d'origine allemande qui travaillait pour le journal Milliyet à l'époque de son arrestation, est parmi les manquements les plus flagrants à la liberté de la presse, selon les défenseurs des droits de l'homme. Ce journaliste a été honoré en 2010 du prix de héros mondial de la liberté de la presse de l'Institut International de la Presse pour son reportage sur le meurtre de Hrant Dink, un éminent journaliste arméno-turc assassiné à Istanbul en 2007.

Nedim Sener pense être en prison pour avoir osé écrire un livre critiquant la négligence de l’État turc qui a échoué à empêcher l'assassinant de Hrant Dink. Ses avocats affirment que l'accusation repose sur de fausses preuves, dont un fichier portant son nom qui a été mystérieusement installé par un virus sur un ordinateur appartenant à OdaTV, un site internet antigouvernemental, d'après les conclusions d'une équipe indépendante d'ingénieurs en informatique. Nedim Sener est détenu depuis sept mois sans chef d'accusation. S'il est condamné, il risque jusqu'à 15 ans de prison. « Nedim Sener est accusé à partir de rumeurs et de fantasmes » a déclaré son avocat Yucel Dosemeci. « Il est pris pour cible pour créer une culture de la peur. »

Fin décembre, la Turquie s'est attirée de nouvelles critiques après la mise en détention d'au moins 38 personnes, pour la plupart journalistes, pour de soi-disant liens possibles au groupe séparatiste kurde. Mais selon les critiques, des dizaines n'ont été arrêtés que pour avoir exprimé un soutien général au droit des Kurdes, une minorité depuis longtemps opprimée ici. Au cours de l'année passée, le gouvernement a arrêté d'éminents journalistes comme Nedim Sener ainsi que d'anciens ou actuels militaires, intellectuels, hommes politiques qui ont été liés à ce que les responsables du pouvoir qualifient comme de complot visant à renverser le gouvernement au moyen de l’organisation « Ergenekon ».

En quatre ans d'enquête aucun des 300 suspects mis en examen dans l'affaire n'ont été reconnus coupables alors même que 8 000 pages d'actes d'accusations ont été dressées par les tribunaux, dont la plupart sont basées sur les transcriptions d'enregistrements clandestins de conversations téléphoniques privées. Les défenseurs de la liberté de la presse disent que le gouvernement a aussi agi de façon à faire taire l'opposition en infligeant des amendes exorbitantes et en intimidant les propriétaires des principales sociétés de médias. Dans une affaire célèbre de 2009, le groupe de média Dogan, un large conglomérat, a été condamné par l’administration des impôts à payer de 2,5 milliards de dollars pour des redressements fiscaux. Les responsables de Dogan ont déclaré en privé que la vraie raison était que leurs publications avaient révélé des scandales de corruption impliquant de hauts fonctionnaires du gouvernement.

L'Union Européenne s'est dite préoccupée par l'effet paralysant de l'amende, qui  a été revue à la baisse (du fait d’une amnistie fiscale) à environ 621 millions de dollars, selon les spécialistes de cette affaire. Désormais, plusieurs journalistes qui travaillent pour le groupe Dogan indiquent qu'il y domine une règle officieuse, celle de ne pas critiquer le parti au pouvoir. Erdogan qui avait auparavant appelé ses partisans à boycotter le groupe Dogan, a vivement démenti tout dessein politique dans l'amende infligé par son gouvernement.

Après la victoire électorale d'Erdogan en 2002, les défenseurs des droits de l'homme l'avaient initialement salué pour ses efforts en matière de liberté d'expression. Mais après une tentative infructueuse de l'opposition laïque pour interdire le parti d'Erdogan en 2008, les observateurs estiment qu'il s’est engagé dans une campagne systématique pour réduire au silence ses opposants. Selon eux, les limites à la liberté de la presse reflètent également le fait que la Turquie ne se sent plus obligées d'adhérer aux normes occidentales à une époque où elle joue le rôle de puissance régionale et que les négociations pour son adhésion à l'Union Européenne sont en plein désarroi.

En mars dernier, lorsque les officiers de police sont venus chez eux pour les placer en garde à vue, Nedim Sener et Ahmet Sik ont fait de la provocation devant les caméras de télévision : « Quiconque y touche, se brûle ! » s'est écrié Ahmet Sik, faisant référence au mouvement Gülen dont les membres, selon les analystes, ont infiltré les plus hauts niveaux de la police et du système judiciaire du pays. En mars, le manuscrit de L'armée de l'imam, le livre-enquête d'Ahmet Sik sur ce mouvement, a été confisqué par la police. Mais celle-ci a été incapable d'arrêter sa publication sur Internet ; 20 000 internautes l’ont téléchargé.

Comme Internet est devenu l'arme principale pour lutter contre la censure, l’accès à plus de 15 000 sites internet a été bloqué par l’État, d'après engelliweb.com, qui recense les pages visées par la censure. Durant plus de deux ans, et jusqu'à l'automne dernier, Youtube a été interdit en raison de vidéos considérées comme insultantes pour Mustafa Kemal Atatürk, le fondateur de la Turquie moderne. L'agence turque de surveillance a demandé l'été dernier aux sites internet d'interdire 138 mots, dont « animal », « érotique » et « zoo » en anglais et « gros », « blond » et « jupe » en turc. Mais l'interdiction à inspiré un concours en ligne de la meilleure nouvelle écrite à partir des mots interdits, rendant ainsi hommage à la culture média turque toujours dynamique.

Par gitfrance
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Site de GIT France (Groupe international de travail)

L'initiative GIT

GIT France est la branche française du

Groupe de travail international (GIT)

« Liberté de recherche et d’enseignement en Turquie », une initiative internationale d’universitaires, de chercheurs, d’étudiants, de traducteurs et d’éditeurs née à Paris le 21 novembre 2011

 

sites d’nformations globales :

www.gitiniative.com

http://www.facebook.com/pages/GIT-Initiative/288505904533560?ref=ts

   

Branches du GIT dans de nombreux pays :

Branche en France : www.gitfrance.fr

info.gitfrance@gmail.com

Branche en Amérique du Nord : http://gitamerica.blogspot.com/

gitamerica@yahoo.com

 

Branche au Royaume-Uni : Dr. Cengiz Gunes (cgunes07@gmail.com); Dr. Derya Bayir (deryabayir@gmail.com); Dr. Prakash Shah ( prakash.shah@qmul.ac.uk); Dr. Kerem Oktem (kerem.oktem@sant.ac..uk)

 

Branche en Suisse :

info@sfst.ch 

 

Branche en Turquie :  http://gitturkiye.com/  

Dr. Zeynep Gambetti (zgambetti@gmail.com) ; Dr. Nesrin Uçarlar (nesrinucarlar@gmail.com)

 

Branche en Allemagne : http://gitgermany.wordpress.com/

gitgermany@yahoo.de

 

Branche en Grèce : Vasiliki Petsa (bisiapetsa@hotmail.com)

 

Branche en Italie : http://gititalia.wordpress.com/

git.italia@gmail.com

Pour suivre l'actualité des libertés en Turquie

http://www.susam-sokak.fr/ (Blog d'Etienne Copeaux, historien de la Turquie)

http://istanbul.blog.lemonde.fr/ (Blog de Guillaume Perrier, correspondant du Monde en Turquie)

http://turquieeuropeenne.eu/ (site d'actualité et de traductions d'articles)

https://akgonul.wordpress.com/2011/12/ (Blog de Samim Agkönül, historien et politiste)

http://www.imprescriptible.fr/  (sur le génocide arménien)

(liste non exhaustive)

GITinitiative

 

 

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