Les médias professionnels, mais aussi de nombreux manifestants et de simples citoyens munis d’appareils photo et de caméras document, minute après minute, les événements d’Istanbul. Voir notamment le site http://occupygezipics.tumblr.com/
Les médias professionnels, mais aussi de nombreux manifestants et de simples citoyens munis d’appareils photo et de caméras document, minute après minute, les événements d’Istanbul. Voir notamment le site http://occupygezipics.tumblr.com/
Les manifestations qui ont lieu hier à Istanbul et dans différentes villes de Turquie, et qui s’étendent aujourd’hui au point que l’on parle désormais de « printemps turc » (éditorial du Monde du 1er juin, à voir plus bas*), sont d’une importance extrême. Le point de départ est la volonté de milliers d’Istambouliotes de sauver de la destruction un petit parc merveilleux, ouvert à tous, au centre des quartiers européens qui ne possèdent presqu’aucun espace vert, une sorte de jardin comme il en existait dans la ville ottomane, avec de beaux arbres, des terrasses où l’on boit du thé en écoutant la rumeur de la ville, lieu des beaux souvenirs de tous les Istambouliotes qui aiment leur ville, la flânerie et la vie, témoin -comme la place Taksim sur lequel il ouvre généreusement- des grandes heures de la démocratie turque, dernier vestige peut-être d’une mixité sociale en train de disparaître. Tout le monde se retrouve dans le Gezi Park, les mariés, les amoureux, les amis, les familles, les touristes, tous sur les bancs publics. Il portait bien son nom, le parc de la promenade. Et voilà ce songe bien vivant qui disparaît.
Déjà, l’espace du parc avait été grignoté par la construction de grands hôtels. Mais le cœur demeurait, si proche de la place Taksim.
Et puis sont venus les projets de la municipalité d’Istanbul, pilotés par le gouvernement dont le chef, Erdogan, a été maire de la ville, à savoir détruire le parc, enfermer ce qui allait rester d’espaces verts dans une ancienne caserne ottomane reconstituée et un centre commercial vitrine d'un capitalisme débridé, de la même manière que la place Taksim est en train d’être profondément remodelée pour un meilleur contrôle des personnes et des corps. Sous prétexte d’un modernisme débordant et techniciste, le gouvernement du parti majoritaire islamo-conservateur recherche la destruction d’un esprit istambouliote qui représente à ses yeux un contre-pouvoir intolérable. Ces grands travaux concentrent l’avantage de flatter le peuple et le nationalisme, et d’éradiquer de la ville dissidente ces foyers de contestation. L’action destructrice du gouvernement relayée par la municipalité s’articule avec la politique répressive déclenchée depuis 2010 et contre laquelle le GIT n’a pas cessé, depuis sa création en novembre 2011, de protester et de s’opposer.
Depuis hier vendredi, les Istambouliotes ont refusé cette destruction du Gezi Park et des valeurs auxquelles ils sont attachés, et nous aussi. La police a fait un usage disproportionné de la force, agissant avec une grande violence, contre des manifestants venus défendre des arbres et un style de vie. Aujourd’hui, les manifestations s’étendent dans toute la Turquie. Elles deviennent politiques, contre la brutalité pour tout dialogue, les pratiques autoritaires, l’étouffement des droits et des libertés dont ce gouvernement a fait son credo. Les citoyens et citoyennes turques prouvent ici leur haute conscience démocratique dont les chercheurs connaissent l’historicité.
GIT (VD)

Photographies (VDuclert et Reuters)
Sur Le Monde, en plus de l’éditorial du daté 2 juin,
et le blog de Guillaume Perrier, correspondant permanent du Monde à Istanbul :
http://istanbul.blog.lemonde.fr/
Pour suivre les événements, également le blog d’Etienne Copeaux
vidéos en direct:
http://www.livestream.com/revoltistanbul
reportage heure par heure:
http://mashallahnews.com/?p=10341
Si vous voulez en savoir plus concernant cette nuit agitée (qui n'est vraisemblablement pas la dernière si on en croit la situation de ce matin; dans le centre-ville, les artères centrales sont toujours occupées par de nombreux manifestants) et ce qui est en train de se jouer, voici d’autres liens :
http://www.livestream.com/revoltistanbul (TV en direct)
http://occupygezipics.tumblr.com/ ( images téléchargées au fil des heures)
The International Workgroup on Academic Liberty and Freedom of Research in Turkey(GITTurkey)
GITTurkey , which was established in the wake of the arrest of Prof. Büşra Ersanlı and which aims to fight pressures and restrictions academics and researchers face in Turkey, is organizing a symposium on judicial injustices experienced by academics and researchers.
The symposium entitled “Academy Behind Bars: Prejudicial Research, Criminal Subjects” will take place in Mimar Sinan University of Fine Arts (Bomonti campus) on May 10, 2013 from 10:15 a.m. to 5:30 p.m. and will discuss violations of rights and liberties in academy within the framework of enforcement of penal law.
The discussion will be further expanded by focusing on the works and acts of Pınar Selek, Müge Tuzcuoğlu, Dr. A. Kerim Gültekin and Prof. Büşra Ersanlı, who were arrested due to their works or political activities, imprisoned and/or taken hostage by the jurisdiction.
You are cordially invited to the symposium organized by GITTurkey in an attempt to promote freedom of thought and expression for not only the academic staff in universities but also for all members of the academy including students and independent researchers in Turkey, to prevent and track violations of liberties and to raise the public awareness in this matter.
To contact: info@gitturkiye.org – Web: http://gitturkiye.org/; https://www.facebook.com/gittr
ACADEMY BEHIND BARS: PREJUDICIAL RESEARCH, CRIMINAL SUBJECTS
May 10, 2013
Mimar Sinan University of Fine Arts
Bomonti Campus, Amphitheatre 214-215
10:15-10:30 Opening remarks: Prof. Füsun Üstel
First session: Dual Face of Law and Academic Freedom
Moderator: Prof. Füsun Üstel
10:30-11:00 Academic Freedoms – The “domestic law” of universities, Prof. Ayşe Erzan
11:00-11:30 What is academic freedom and what does it serve? Fikret İlkiz, Solicitor
11:30-12:00 Coffee break
12:00-12:30 Discussion
Second session: Portrait of a Researcher as a “Criminal”
Moderator: Assoc. Prof. Zeynep Gambetti
14:00-14:20 Looking at oneself by looking at the other: Mirrors, masks and Pınar Selek, Assist. Prof. Reyda Ergün
14:20-14:40 From Pertev N. Boratav to A. Kerim Gültekin: Why Political Anthropological Studies are Prejudicial for the State?, Prof. Neşe Özgen
14:40-15:30 Discussion (with the participation of Senem Donatan from “We are Still Witness” Platform and A. Kerim Gültekin)
15:30-16:00 Coffee break
16:00-16:20 In Search of the Stone: Remarks on the State, Justice and Juveniles through the Case of Müge Tuzcuoğlu, Bahar Şahin Fırat
16:20-16:40 Intellectual Activism of Büşra Ersanlı, Equalization and Liberation for Dignity and Justice, Assist. Prof.. Nurşen Gürboğa
16:40-17:30 Discussion (with the participation of Müge Tuzcuoğlu and Prof. Büşra Ersanlı)
Sous l’égide du Groupe international de travail (GIT) « Liberté de recherche et d’enseignement en Turquie »
MERCREDI 3 AVRIL 2013
de 17h30 à 19h
Rencontre avec Laure Marchand et Guillaume Perrier,
correspondants du Figaro et du Monde en Turquie,
à l’occasion de la parution de leur livre :
La Turquie et le fantôme arménien
Sur les traces du génocide
éditions SOLIN - ACTES SUD
Avec la participation de Hamit Bozarslan (EHESS),
Vincent Duclert (EHESS) et Raymond Kévorkian (Université de Paris 8)
EHESS - Amphithéâtre François-Furet
105 bd Raspail, 75007 Paris
Métro Saint-Placide ou Notre-Dame-des-Champs
Le monde universitaire français est révolté. Nous sommes encore une fois témoins d’une injustice flagrante. La 12e cour pénale d’Istanbul, à travers son arrêt du 24 janvier, a condamné la sociologue, universitaire, défenseure des droits humains, Pinar Selek, à la perpétuité non compressible pour l’explosion du marché aux épices d’Istanbul, survenue en 1998.
Au bout de 15 ans de procédure, notre collègue n’avait jamais été condamnée. En dépit de pseudo-rapports d’expertise, d’« aveux » obtenus sous la torture et d’erreurs de procédures trop systématiques pour être in-intentionnelles, Pinar Selek avait été acquittée trois fois, en 2006, 2008 et 2011.
Cette explosion était due à une fuite de gaz. Pinar Selek avait été persécutée parce qu’elle menait une étude sociologique sur les militants du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan) et avait refusé de donner les noms de ses contacts comme l’éthique scientifique l’exige. Son arrestation et sa mise en jugement revêtaient un caractère clairement politique.
Plus accablante encore aux yeux des autorités, Pinar Selek avait orienté ses recherches vers l’ensemble des groupes sociaux opprimés de la société turque, autant de tabous, autant de plaies sociales : les enfants de rue, les travailleuses de sexe, les gays et lesbiennes, les transsexuelles et les transgenres, les Kurdes, les Arméniens… Ainsi devenait-elle, étape par étape, une intellectuelle engagée, qui, non contente d’observer et d’analyser, agissait.
Cette dimension de chercheure et de femme de terrain a fait d’elle la cible d’un acharnement judiciaire sans précédent. Le 22 novembre 2012, un tribunal d’Istanbul (dont la cour a été subitement modifiée dans sa composition) a décidé de revenir sur les décisions de justice, en cassant l’acquittement, d’une manière totalement illégale dans la mesure où un tribunal n’est pas autorisé à modifier un arrêt définitif déjà rendu. Le 24 novembre, bien que le président de la cour, le seul qui connaissait le dossier, celui qui avait prononcé trois acquittements successifs, ait argué de l’autorité définitive de la décision d’acquittement, les deux autres juges, sous influence, ont déclaré Pinar Selek « coupable » d’un attentat jamais commis, la condamnant à la perpétuité ou à l’exil définitif.
Pinar Selek mène actuellement ses recherches doctorales à l’Université de Strasbourg. Elle est un membre prestigieux de la communauté scientifique de France. Son Université est débout à ses côtés, comme le déclare si clairement le Président Alain Beretz. Nous, universitaires, enseignants et chercheurs de France et travaillant en France, déclarons donc que nous sommes solidaires avec notre collègue. Nous demandons pour elle, et pour tous ceux et celles actuellement en prison en Turquie, inculpés ou menacés pour leur recherche ou leur enseignement, une justice respectueuse des libertés élémentaires et des droits fondamentaux. Il en va du respect des valeurs universelles, comme celle de la liberté de pensée, d’expression et celle d’entreprendre des recherches académiques.
GIT France, Paris, 27 janvier 2013GIT France est la branche française du
Groupe de travail international (GIT)
« Liberté de recherche et d’enseignement en Turquie », une initiative internationale d’universitaires, de chercheurs, d’étudiants, de traducteurs et d’éditeurs née à Paris le 21 novembre 2011
sites d’nformations globales :
http://www.facebook.com/pages/GIT-Initiative/288505904533560?ref=ts
Branches du GIT dans de nombreux pays :
Branche en France : www.gitfrance.fr
Branche en Amérique du Nord : http://gitamerica.blogspot.com/
Branche au Royaume-Uni : Dr. Cengiz Gunes (cgunes07@gmail.com); Dr. Derya Bayir (deryabayir@gmail.com); Dr. Prakash Shah ( prakash.shah@qmul.ac.uk); Dr. Kerem Oktem (kerem.oktem@sant.ac..uk)
Branche en Suisse :
Branche en Turquie : http://gitturkiye.com/
Dr. Zeynep Gambetti (zgambetti@gmail.com) ; Dr. Nesrin Uçarlar (nesrinucarlar@gmail.com)
Branche en Allemagne : http://gitgermany.wordpress.com/
Branche en Grèce : Vasiliki Petsa (bisiapetsa@hotmail.com)
Branche en Italie : http://gititalia.wordpress.com/
http://www.susam-sokak.fr/ (Blog d'Etienne Copeaux, historien de la Turquie)
http://istanbul.blog.lemonde.fr/ (Blog de Guillaume Perrier, correspondant du Monde en Turquie)
http://turquieeuropeenne.eu/ (site d'actualité et de traductions d'articles)
https://akgonul.wordpress.com/2011/12/ (Blog de Samim Agkönül, historien et politiste)
http://www.imprescriptible.fr/ (sur le génocide arménien)
(liste non exhaustive)